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Le
mécénat d’une princesse américaine
De Peggy Guggenheim,
on a souvent l’image d’une américaine excentrique
et richissime, paradant devant son palazzo empli de trésors
d’art moderne. Mary Dearborn, dans une biographie touffue,
en dresse un portrait plus nuancé. Peggy, élevée
dans le luxe, eut en fait à subir des revers de fortune lors
de la disparition de son père à bord du Titanic. Revers
très relatifs, mais qui la situaient fort en dessous d’autres
branches des Guggenheim. Toute sa vie, proches et amis la considérèrent
comme une inépuisable mine d’or. Elle avait en elle
un mélange de générosité et de pingrerie
qui lui valut moqueries et rancunes, de la part même de ceux
qui profitaient de ses largesses.
Indépendante, elle eut tôt l’audace de travailler.
Son emploi dans une librairie de New York, non seulement lui fit
découvrir de nouveaux courants littéraires, mais aussi
la mit en contact avec l’avant-garde artistique, marquant
le début de sa passion pour l’art moderne et de son
aptitude à y investir.
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En 1920
elle partit pour l’Europe, où elle demeura
jusqu’à la guerre. Mariée à l’écrivain
Lawrence Vail, puis au peintre Max Ernst, elle connut l’effervescence
du milieu des surréalistes. Fondatrice de trois des
plus influentes galeries d’art du XXe siècle,
dont Art of this Century à New York, elle sut repérer
des peintres comme Jackson Pollock. Elle ouvrit ses collections
au public dans son palais vénitien en 1951.
Dearborn nous livre une recherche très minutieuse
et fait revivre chaleureusement son ‘héroïne’,
confrontant les points de vue, les remarques reconnaissantes
ou perfides de ses amis. L’abondance d’informations
peut satisfaire le lecteur. Cependant, cela étouffe
parfois la netteté du portrait, puisqu’on retrouve
sur le même plan détails intimes et activités
artistiques.
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Laurence
Tourniaire
(mars 2007)

http://www.virago.co.uk/
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