7-8 mars 2002 à 20h30

Toboggan, Décines

Compagnie Maguy Marin
Maguy Marin

Compagnie L'Ane à belle
Annabelle Bonnery

 

Voir aussi : Service à tous les étages, Opéra National de Lyon, juin 2002

 

Le Toboggan
Centre Culturel de Décines
14, av. Jean Macé
billetterie 04 72 93 3000

MÉM(N)OIRE
Compagnie L'Ane à belle
Chorégraphes-interprètes : Annabelle Bonnery, Nicola Carofiglio
Interstices de lumière dans une chambre sombre. Il s'agit d'un duo ayant comme seule source lumineuse une lampe sur scène. La relation des deux êtres s'établit dans une pénombre et est créée par cette pénombre. L'obscurité définit les formes de cette relation et son contenu. Elle embrasse l'œil du spectateur et l'attire vers l'essentiel (l'intimité, son jardin intérieur).

GROSSE FUGUE (2001 - 19 mn)
Compagnie Maguy Marin
Pièce pour 4 danseuses
Chorégraphie : Maguy Marin
Musique : "Grosse Fugue - Opus 133" Ludwig Van Beethoven
Une danse bouillonnante, effervescente, de quatre femmes sur la musique de Ludwig Van Beethoven. Une "intrication" prend corps entre la force de vie surgissant de l'être féminin et l'état d'enthousiasme et de désespérance de cette musique.

SOLILOQUE (1995)
Compagnie Maguy Marin
Chorégraphie : Maguy Marin
avec Nadia DUMAS
Soliloque, comme son nom l'indique, présente une personne seule à parler. Une personne qui semble ne parler que pour elle mais laissant jaillir sporadiquement des bribes audibles d'expressions et de mots. "Banalité d'une situation souvent rencontrée chez l'homme seul en train de penser". Toutefois, le fil de sa pensée, ainsi que ses interruptions ou ses divagations ne peuvent se percevoir qu'avec incertitude et de temps en temps.

Le vendredi 8 mars 2002, le Toboggan consacrait une soirée Maguy Marin / Annabelle Bonnery avec la présentation de trois chorégraphies : Mém(n)oire de la compagnie L'âne à belle, Soliloque de Maguy Marin, par Nadia Dumas et Grosse Fugue également de Maguy Marin.
Annabelle Bonnery monte sa propre compagnie en mars 1988 ; elle a travaillé auparavant à différents projets en Espagne et en France, notamment avec JC Gallotta. Elle nous présente ici une pièce de 15 minutes avec N. Carofiglio.

Dans la pénombre, un couple évolue entre la lumière de l'abat-jour et de la télévision allumée. C'est un duo qui se cherche dans la nuit après s'être trouvé dans le jour : danse intense ou chacun se dérobe, à lui-même et à l'autre. Annabelle Bonnery y danse avec fougue et intensité.

Les deux autres pièces sont des oeuvres de Maguy Marin et l'on ne présente plus le travail de cette chorégraphe contemporaine émérite (May b, Cendrillon...), qui a installé sa compagnie à Rillieux en 1988. Apres une longue formation dans le microcosme de la danse, elle trouve son équilibre en prenant son indépendance. Depuis, elle ne cesse d'aider et de produire d'autres créateurs afin de promouvoir la danse.

© Gérard Amsellem

Dans "Soliloque" Nadia Dumas interprète une femme seule : elle danse en laissant libre cours aux différents sentiments qui bouillonnent dans son cerveau ; c'est une gesticulation, une danse débridée, une continuelle affirmation de oui et de non dans la colère. Nadia Dumas danse avec une maîtrise parfaite du mouvement qui traduit tout à fait les hésitations de la vie.
"Grosse fugue" est une chorégraphie pour quatre femmes dansant à perdre haleine sur la musique envoûtante de Beethoven ; le corps est libre et décidé "à vivre tant que l'on vit ", pour citer Maguy Marin : pulsions et spontanéité, danse agressive. La beauté de l'interprétation réside dans cette course éperdue où les corps se jettent, une "fugue" - une fuite à toute allure.
C'est à travers ces deux dernières pièces que l'on reconnaît parfaitement l'empreinte de Maguy Marin : une danse libérée où le corps est indépendant de l'esprit.

C. Genin
(mars 2002)