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Fabriquer un
verre solide, à la forme harmonieuse, transparent et aux
couleurs chatoyantes c’est ce qu’aimeraient savoir faire
les artisans français en cette fin de 17e siècle,
mais les secrets de fabrication restent jalousement gardés
sur l’île de Murano…
Ce livre se présente sous la forme d’un thriller historique
ou Léonara, fille d’une grande famille de verriers
italiens, cherche à venger la mort de son amant, ce qui la
conduira sur les routes d’Italie et de France, instrument
involontaire d’une machination politique.
Dans les premiers
chapitres, alors que l’intrigue se met lentement en place
et que l’on découvre le monde impitoyable de Murano,
où s’affrontent trois familles de verriers, ce roman
est d’abord un documentaire où l’on apprend beaucoup
de choses (un peu trop ?) sur la fabrication du verre, tandis que
l’auteur emploie un style quelque peu fastidieux ; utilisant
de nombreux mots italiens ou un vocabulaire ‘vénitien’
inutile pour se plonger dans l’ambiance du roman («
des pupilles qui hésitent entre le topaze et le vert
de la lagune », « le corsage au lacis complexe
ainsi que la longue jupe en soie qu’elle porte lui semblent
aussi pesants que le sommet du campanile »), de même
qu’il ponctue chaque fin de chapitre par des citations latines
qui paraîtront peut-être obscures aux non-initiés
mais en feront sourire d’autres (« homo allegre
post coïtum ») ; par la suite, l’aventure
prenant le pas sur le documentaire, la lecture se fait plus légère.
L’aspect historique est néanmoins fort intéressant,
on apprend, par exemple, l’existence de «spadassins
du verre» chargés de punir les traîtres
à la cause de Murano en leur plongeant dans le corps une
épée de verre qui se brise en libérant de l’arsenic,
plus ou moins dilué selon la durée souhaitée
de l’agonie de la victime. Par contre, on regrettera que ne
soient pas plus développées les explications concernant
la monnaie de verre qui donne son titre au roman : il faut aller
fouiller dans les notes en fin d’ouvrage pour comprendre pleinement
les rouages de la machination inventée par les Français
!
Monnaie de verre est donc un ouvrage à
double tranchant, comportant une intrigue ingénieuse et bien
construite qui plaira à la plupart des lecteurs mais qui
est alourdie par de trop nombreuses précisions techniques.
Anne
Weber
(janvier 2003)

http://monnaiedeverre.manuscrit.com
http://www.nicolasphilippe.com/
http://www.e-terviews.net/dyn2/article.php3?id_article=68
http://www.manuscrit.com/catalogue/textes/fiche_texte.asp?idOuvrage=1602
Chez
le même éditeur : La
vie triée de C. Spielberger (2002)
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