La compagnie Haut et Court
Obscenet Volet 2

Du 11 au 23 février 2002
Les Subsistances, Lyon

Conception, mise en scène et scénographie
Joris Mathieu

scénographie et lumières
Nicolas Boudier
Création sonore
Nicolas Thévenet


avec Emilie Barbe, Philippe Chareyron, Vincent Hermano, Marion Talotti

"… Depuis combien de temps n'avez-vous pas ri à gorges déployées…"
Savez-vous pourtant que …
1. les recherches démontrent qu'avoir un air renfrogné donne à l'individu un air plus malheureux que s'il affichait un air neutre.
2. le simple fait de sourire permet de se sentir mieux.
3. des scientifiques ont prouvé que sourire déclenchait des modifications biochimiques dans le cerveau entraînant une sensation de bonheur.
4. le rire serait, selon le docteur Henri Rubinstein, à la fois jogging et yoga.
5. quelques minutes de rire par chatouillements, répartis dans la journée, sont l'équivalent d'au - moins une heure de culture physique.
6. utiliser l'humour avec discernement garantit une bonne hygiène mentale et physique.

Quatre "rat-cteurs" de laboratoire sont enfermés ensemble dans une cage vitrée et protéiforme pour une double expérimentation : celle du rire et de l'obscène, leur rencontre monstrueuse. Ni texte ni rhétorique mais, ici, un dispositif par fragments: suite discontinue de "sketchs", performances, mises à nu, voire dissections ou autopsies du rire. Pendant cette pièce, le spectateur, lui, rit (beaucoup) au second degré -on lui renvoie d'ailleurs son image. Il rit de ses propres obscénités, de son voyeurisme, de son âme de "moqueur de blonde" ou de farceur lourdaud… Et de son triste sort, il découvre vite l'ironie.
Nous assistons à de multiples déploiements de gorge sans aucune pitié : avec la blonde espiègle aux yeux comme deux billes d'acier nous roulant dans la farine, le brun séducteur, sûr de lui et dictateur en terres du rire à ses heures, son double bouc-émissaire désespérant son propre humour, et la brune séductrice, avide, décapante.

Le rire, émanation de l'esprit et de ses tours de passe-passe, s'indique par les tressaillements des muscles, du corps. Aussi est-ce essentiellement sur ce dernier que les acteurs (s')appuient avec une folle énergie : visages qui se distordent, fronts qui buttent sur un mot (d'esprit ?), mimiques convulsées, écarts de jambes comme des écarts de conduite, chutes dont on a oublié la blague, équilibres sur un pied-de-nez grotesque, biceps de foire gonflés au gaz zygomatique,…

© Bruno Amsellem

Plusieurs mois en résidence aux Subsistances, la compagnie Haut et Court a observé, noté, volé, biffé, expérimenté ce qui fait rire chez ses semblables, ce qui s'impose comme drôle et se retourne comme ob-scène… C'est à dire étymologiquement ce qui ne peut être montré sur scène. C'est pourtant bien cela qui est mis en scène (la pièce constitue le deuxième volet d'un travail sur l'obscénité, un troisième est en cours). Un "spectacle vivant" si fort et ambigu qu'il en devient "irracontable". Allez donc, toutes affaires cessantes, en juger par vous-mêmes.

Jean-Emmanuel Denave
(février 2002)

Les subsistances
Quai Saint-Vincent, Lyon
04 78 39 10 02
Au POLARIS
Les 1er et 2 mars 2002 à 20h30
Avenue de Corbetta 69960 Corbas
04 72 51 45 55



Les subsistances
http://www.les-subsistances.com/

Par la compagnie Haut et Court
http://platte.free.fr/prog4.html
http://www.sitartmag.com/phneutre.htm