|
Dans le mal se trouve toute volupté…
«
Quand il me possédait avec un acharnement tel qu’il
m’entraînait au bord des ténèbres, il
me donnait cette extase : savoir que j’avais atteint la chose,
la seule chose que j’eusse jamais voulue... » Le
ton de cette scandaleuse histoire d’amour est donné.
 |
Louisa
Walbrook, 28 ans, rencontre dans un pub un inconnu de vingt
ans son aîné, dont elle devient la maîtresse
ou, plutôt, l’unique objet de perversion. L’inconnu,
Gordon, qui est psychiatre, entraîne Louisa dans un
rapport de domination/soumission et prend plaisir à
exhumer les souvenirs refoulés dans l’inconscient
de sa partenaire. Entre chaque séance d’intrusions
mentales, Gordon la pénètre froidement et en
tire une satisfaction éclair. A son corps défendant,
Louisa jouit comme jamais de cette exquise sensation d’impuissance
et quand, à deux reprises, Gordon la viole, elle est
heureuse d’être mortifiée de la sorte car
son emprise lui donne la « délicieuse impression
d’être à l’abri ». |
Plus le récit
avance, plus Louisa se laisse diriger par Gordon et se sent sereine
et libérée. Les motivations psychanalytiques du masochisme
de Louisa semblent évidentes, notamment la recherche du père
et la culpabilité. Mais une telle relation ne peut durer
car le soumettant développe trop de perversion avec sa victime
consentante. Pris au piège de son amour excessif, Gordon
doit rompre avec Louisa…
Ces personnages déviants prennent un plaisir indécent
à torturer et à être humiliés, et on
comprend aisément que ce récit autobiographique, publié
à l’origine sous pseudonyme, fit scandale lors de sa
parution en 1966. L’auteure, Edith Templeton, est depuis reconnue
pour avoir « commis » un chef-d’œuvre de
la perversité anglaise. Pourtant, Gordon
ne comporte pas de scènes de sévices, la torture y
est beaucoup plus subtile et mentale… Une main trop serrée,
un ton menaçant. Servi par une écriture froide et
mécanique, cette brulante histoire d’amour destructrice
se lit avec un plaisir non feint… Âmes sensibles s’abstenir
!
Caroline
Scandale
(février 2008)
Caroline
Scandale,
professeure documentaliste, poursuit en parallèle des recherches
en littérature, spécialité Masculin/féminin,
en particulier dans le domaine de la littérature jeunesse.
http://sorcieres-jeunesse.hautetfort.com/

http://www.10-18.fr/
Littérature
anglophone
|