Gon, tome 7
(Casterman, 2003)

 


Sympathique mais teigneux

Gon est né en 1992 sous le crayon de Massashi TANAKA, désormais reconnu comme un maître du manga au Japon. Petit tyrannosaure qui ne semble pas pressé de grandir, Gon a beaucoup voyagé dans les précédents épisodes, le dessinateur prenant plaisir à minutieusement reconstituer des univers aussi différents que la savane ou la banquise. En un joyeux anachronisme, Gon côtoie une foultitude d’animaux de notre ère et puisque aucune de ces créatures n’a le don de parole, Gon est la première bande dessinée entièrement muette. Souvent teigneux, Gon sait imposer sa loi mais Tanaka a su rendre son dinosaure attachant en le faisant fréquemment utiliser sa force pour défendre les plus faibles.

Ce septième épisode est dans la même lignée que les autres ; comme eux, il comporte plusieurs courtes histoires (quatre ici). Dans la première, Gon élève un poussin, notre sympathique bestiole voit éclore à ses côtés un œuf d’oiseau marin, sorte de goéland qu’il va élever ‘à la dure’ avant de vivre à ses côtés en parasite et de lui apprendre à voler à sa manière. Utilisant son poussin comme moyen de transport, Gon se retrouve ensuite dans la forêt malaise où, sous l’œil jaloux de son ami ailé, il s’éclate avec une famille d’orangs-outans et surtout se fait chouchouter par les parents. C’est d’ailleurs avec le papa que Gon fait de la gymnastique et montre ses fabuleuses aptitudes physiques.

Dans la dernière histoire, Gon récolte du miel avec ses amis dans la forêt ou il serait plus juste de dire qu’il pille une ruche en compagnie d’un pangolin et d’un ours malais mais que les abeilles sont des adversaires difficiles à vaincre !

Comme dans les précédents épisodes, les dessins sont d’une excellente facture, la précision du trait est incroyable et chaque animal semble plus vrai que nature. Bien que muet, il suffit de regarder le visage de Gon pour comprendre quel sentiment l’anime, la palette en est d’ailleurs impressionnante et on retiendra surtout le moment où il est en pâmoison dans les bras des orangs-outans. On pourra par contre regretter, dans ce tome, le peu de diversité des paysages et des espèces animales puisque trois histoires se passent dans la forêt tropicale et que deux concernent les singes. Mais ne boudons pas notre plaisir, Gon est toujours aussi féroce et l’humour de Tanaka toujours aussi décapant !

Anne Weber
(mai 2003)

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