|
Sympathique mais teigneux
Gon est né
en 1992 sous le crayon de Massashi TANAKA, désormais reconnu
comme un maître du manga au Japon. Petit tyrannosaure qui
ne semble pas pressé de grandir, Gon a beaucoup voyagé
dans les précédents épisodes, le dessinateur
prenant plaisir à minutieusement reconstituer des univers
aussi différents que la savane ou la banquise. En un joyeux
anachronisme, Gon côtoie une foultitude d’animaux de
notre ère et puisque aucune de ces créatures n’a
le don de parole, Gon est la première
bande dessinée entièrement muette. Souvent teigneux,
Gon sait imposer sa loi mais Tanaka a su rendre son dinosaure attachant
en le faisant fréquemment utiliser sa force pour défendre
les plus faibles.
| Ce
septième épisode est dans la même lignée
que les autres ; comme eux, il comporte plusieurs courtes histoires
(quatre ici). Dans la première, Gon élève
un poussin, notre sympathique bestiole voit éclore
à ses côtés un œuf d’oiseau marin,
sorte de goéland qu’il va élever ‘à
la dure’ avant de vivre à ses côtés
en parasite et de lui apprendre à voler à sa manière.
Utilisant son poussin comme moyen de transport, Gon se retrouve
ensuite dans la forêt malaise où, sous l’œil
jaloux de son ami ailé, il s’éclate
avec une famille d’orangs-outans et surtout
se fait chouchouter par les parents. C’est d’ailleurs
avec le papa que Gon fait de la gymnastique
et montre ses fabuleuses aptitudes physiques. |
|
Dans la dernière
histoire, Gon récolte du miel avec ses amis dans
la forêt ou il serait plus juste de dire qu’il
pille une ruche en compagnie d’un pangolin et d’un ours
malais mais que les abeilles sont des adversaires difficiles à
vaincre !
Comme dans les précédents épisodes,
les dessins sont d’une excellente facture, la précision
du trait est incroyable et chaque animal semble plus vrai que nature.
Bien que muet, il suffit de regarder le visage de Gon pour comprendre
quel sentiment l’anime, la palette en est d’ailleurs
impressionnante et on retiendra surtout le moment où il est
en pâmoison dans les bras des orangs-outans. On pourra par
contre regretter, dans ce tome, le peu de diversité des paysages
et des espèces animales puisque trois histoires se passent
dans la forêt tropicale et que deux concernent les singes.
Mais ne boudons pas notre plaisir, Gon est toujours aussi féroce
et l’humour de Tanaka toujours aussi décapant !
Anne
Weber
(mai
2003)

http://www.casterman.com
www.madcool.com/mc/comics/gon
www.ex.org/1.4/22-gon.html
|