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texte
français Félicien Marceau
décor
et costumes
Alain Chambon
lumière
Dominique Fortin
collaboration
musicale
Jean-Claude Chapuis
avec
Jean-Claude Barbier, Ninon Brétécher, David
Gouhier, Catherine Rétoré, Richard Mitou, Jean-Marie
Frin, Jean-Claude Bolle-Reddat, Karen Rencurel, Stéphanie
Labbé, Christine Pignet, Louis Merino, Eric Bérenger,
Cécile Chèvre, Emilie Chevrier, Thierry de Monterno
et Sophie Ortiz.
Théâtre
des Célestins
4, rue Charles Dullin
69002 Lyon
04 72 77 40 00
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La
Trilogie de la villégiature occupe une place
essentielle dans l'uvre et la vie de Goldoni. Elle met
en scène les petits bourgeois désargentés
de Venise qui s'adonnent (par mode plus que par désir)
aux migrations de la villégiature. En d'autres termes,
ils imitent le pli donné par la noblesse de quitter
Venise pour résider à la campagne pendant les
mois d'été. Trois pièces qui s'enchaînent
comme les épisodes d'un feuilleton : mêmes personnages,
mêmes lieux. Croqué par le talent de Goldoni,
ce déplacement tribal révèle frivolité,
jalousie, mesquineries et vanités sociales. Goldoni
excelle ici dans le vertige entre rire et émotion.
Son humour irrésistible, sa tendresse permanente nous
laisse le sentiment indéfini d'un bonheur fugace. Directeur
du Théâtre de la Criée de Marseille, Jean-Louis
Benoit souhaitait depuis longtemps se confronter à
Goldoni. Le festival d'Avignon 2002 lui en a procuré
l'occasion.
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Le Théâtre
National de Marseille « La Criée » présente,
dans une mise en scène de son directeur Jean-Louis Benoît,
La trilogie de la villégiature
de Goldoni qui, à l’origine, avait écrit trois
pièces : Les manies de la villégiature, Les
aventures de la villégiature et Le retour de la
villégiature, représentées pour la première
fois en 1761. Félicien Marceau a traduit ces pièces
et les a condensées en une seule.
On retrouve
donc les mêmes personnages dont les sentiments vont évoluer
au cours de la saison estivale. La première partie est une
vraie comédie, avec des hommes fiévreux, affairés,
enjoués, des femmes – Giacinta et Vittoria –
frivoles et « chipies ». Mais il est vrai que ces petits
bourgeois désargentés mettent en péril leur
situation financière pour imiter les grandes familles riches.
Peu à peu les choses se gâtent. Le fait de vivre ensemble,
de se surveiller, de s’observer mutuellement, de n’avoir
strictement rien à faire, tout cela favorise les tensions,
les amours de vacances, le règne des parasites, l’insouciance
des serviteurs, les médisances... Comme on pouvait s’y
attendre, Giacinta, fiancée à Leonardo, tombe amoureuse
de Guglielmo, aimé de Vittoria. La vieille tante Sabina attire
les hommes plus par son argent que par ses charmes. Ce petit monde
du XVIIIème siècle s’agite avec ses mesquineries,
ses jalousies, ses hypocrisies.

©
Philippe Delacroix |
Une
comédie amère et mélancolique où
finalement tout le monde est perdant, où priment les
intérêts et l’honneur, et où chacun
rentre dans le rang en acceptant son malheur. La dernière
scène est à cet égard frappante, se situant
dans l’appartement minable et poussiéreux de Costanza,
scène sur la scène. Le retour de villégiature
est plutôt morose : Giacinta part pour Gênes avec
un mari qu’elle n’aime pas ; Guglielmo va épouser
Vittoria qu’il n’aime pas ; Sabina va épouser
Ferdinando qui n’en veut qu’à sa donation
; même le valet courtise la femme de chambre pour ses
quelques écus. |
La mise en scène
est brillante, les acteurs parfaits (bourgeois comme valets). Pour
le plaisir des yeux (décors, costumes) et des mots dans un
spectacle rondement et vivement mené, La trilogie
est à chaque instant réjouissante, comme une superbe
photo de la petite bourgeoisie italienne de l’époque,
dont le ridicule fait naturellement rire. Mais ces gens-là,
dans leur attitude, sont-ils si éloignés de nous ?
La nature humaine a-t-elle vraiment changé ? Comme le dit
Mario Baratto, « cette œuvre suscite une certaine
prise de conscience chez le spectateur».
Françoise
Anthonioz
(février 2003)

http://www.mairie-lyon.fr/celestins/
http://www.theatre-lacriee.com/
Les
pièces de Goldoni
http://www.arche-editeur.com/Catalogue/G/goldoni2.htm
Biographie
http://www.theatre-odeon.fr/public/ressourc/biograph/goldoni.htm
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