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avec Woody Allen
(Mr. Alien), Leos Carax (Edgar), Julie Delpy (Virginia), Jean-Luc
Godard (Professeur Pluggy), Suzanne Lanza, Kate Mailer, Norman Mailer,
Burgess Meredith (Don Learo), Michèle Pétin (Michèle
Halberstad), Molly Ringwald (Cordelia), Peter Sellars (William Shakespear
Junior)
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Le King
Lear de Godard va enfin trouver le chemin de la diffusion.
Effectivement, après moult péripéties
de production et de tournage (Norman Mailer, le scénariste
censé incarner le rôle du... scénariste,
ayant quitté le tournage au bout d'une journée),
le public va pouvoir se rendre dans les salles de cinéma
pour s'émouvoir, haïr, s'ennuyer.. devant la rencontre
de deux monstres sacrés, l'un mort mais toujours présent,
Shakespeare (la filmographie du Roi Lear ne compte
pas moins de quinze films depuis 1909...) et l'autre toujours
vivant et néanmoins statufié, Godard.
Une fois de plus, Jean-Luc Godard ne se cantonne pas à
l'histoire mais profite de sa trame et la réduit en
pièces, pour dénoncer la mort attendue de la
culture.
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Tout commence
sur les terres helvétiques, l'écriture d'un
scénario par un double du Roi Lear (Norman Mailer dans
son propre rôle, puis Burgess Meredith), qui n'est autre
que le scénariste de ce même film, avec l'aide
de sa fille Cordélia (Kate Mailer, puis Molly Ringwald)
fille adorée mais toujours sur la défensive
face à la folie grandissante d'un père aigri
et sévère. Le premier scénario est support
au titre du film, mais vient s'imbriquer un deuxième
récit, celui d'un descendant de Shakespeare, cinquième
du nom, lui aussi en Suisse ; il est à la recherche
de l'oeuvre de son aïeul, et tente de la reconstruire
dans l'après-Tchernobyl. Un cheminement philosophique
et littéraire au long duquel il rencontre, entre autres,
des créatures dansantes fantasmagoriques qui le guideront
jusqu'au professeur dément joué par Godard.
Court
résumé d'un film où le foisonnement idéologique
est de mise. Car somme toute, rien n'a semblé être
omis : la conceptualisation de l'art cinématographique,
le rapport argent/culture, qui est encore d'actualité,
le salut aux amis et mentors (une nostalgie quelque peu désuète),
la dramaturgie shakespearienne (même si seuls des fragments
des actes I et IV ont retenu l'attention du réalisateur)...
Et ce n'est pas fini ; mais ce trop-plein peut noyer le poisson
et la compréhension narrative du film car beaucoup
de ces sujets auraient pu donner lieu à d'autres histoires,
d'autres opus. De plus, le public averti regardera dans l'obscurité
et dans la même direction, mais aura peut-être
le sentiment que les portes enfoncées ("la
culture est morte"...) parfois à coups de
bélier, ont déjà été ouvertes,
par Godard lui-même dans ses oeuvres précédentes.
Mais l'odeur sulfureuse et l'attirance quasi mythique que
peut susciter le réalisateur, ainsi que l'impressionnante
et alléchante brochette d'acteurs, inciteront certainement
à se rendre dans les salles pour voir "le dernier
Godard."
R.
Anglio
(avril 2002)
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http://kinglear.rutgers.edu/
http://absoluteshakespeare.com/guides/king_lear/king_lear.htm
http://members.netscapeonline.co.uk/jameswtravers/nf_jlgodard.html
http://www.washingtonpost.com/wpsrv/style/longterm/movies/videos/
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