De la fellation comme idéal dans le rapport amoureux
Gérard Lenne

La Musardine, Collection L’attrape-corps, 2007

 

 

 

Un sujet encore très délicat…. sauf dans les dîners !

Comme le titre de l’ouvrage l’indique clairement, l’auteur part du postulat que la fellation est le nec plus ultra dans un rapport intime – loin d’être une pratique secondaire, accessoire ou utilitaire. Si, pour lui, la fellation est une preuve d’amour, de confiance et de connivence entre deux partenaires, l’acte est bien souvent mis hors jeu : la plupart du temps, la femme ne jouera pas, l’idée étant encore bien trop tabou (son éducation judéo-chrétienne pouvant l’expliquer)
mais l’idée, ou le cliché, d’un acte de soumission reste aussi extrêmement tenace ; l’acte serait donc à bannir absolument, sous peine de passer pour une petite chose manipulable à souhait, (du moins c’est ce qu’en disent certaines féministes post-soixante-huitardes). On apprend aussi, cas assez rare tout de même, que certains hommes la refusent, soit parce qu’ils adhèrent aux revendications féministes, soit, bien souvent, la peur d’être à la merci de l’autre les retient : les rôles sont inversés, c’en est presque drôle.

Gérard Lenne affirme pourtant que c’est la caresse préférée de l’homme et en explique la normalité, divulguant d’autres explications à la question que beaucoup d’hommes se posent : pourquoi ne veut-elle pas ? (ou, au contraire, pourquoi ne fait-elle que ça ?)… nous ne dévoilerons pas les réponses tant elles sont surprenantes. Ses réflexions et conclusions se fondent sur des références littéraires et cinématographiques, l’auteur étant lui-même critique de cinéma depuis plus de trente ans.
Un livre aussi instructif qu’amusant parfois et utile pour celles et ceux qui se posent des questions sur le sujet. Parce que, quoiqu’on en dise ou en pense, on n’en parle pas si facilement… mais si le sujet est lancé lors d’un dîner, comme le raconte Gérard Lenne, il soulève des passions et fait passer quelques heures à table ! En revanche, si cela est complètement rédhibitoire pour vous, ne lisez pas ce livre (du moins pas le dernier chapitre, véritable leçon de choses !)

Apoline Saybec
(mai 2008)

Apoline Saybec est historienne de formation. Elle a été rédactrice en chef d’un mensuel économique puis généraliste. Journaliste en presse écrite, elle est passionnée par l’être humain ; elle aime autant l’histoire que l’actualité, la littérature que le cinéma, la sociologie que la psychologie... Tout ce qui permet de comprendre le monde qui l’entoure, de transmettre ce qu’elle apprend ou ce qu’elle a vécu est le terreau de son existence. S’évader, rêver, imaginer au travers des livres… le voyage, dans tous les sens du terme, est son moteur.

 

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Du même auteur
Georges Brassens, le Vieil Indien, Albin Michel, 2001
Le cinéma X, Collectif, La Musardine, 2002