Week-end à l'Institut Lumière
Samedi 27 et dimanche 28 janvier 2001


en présence de
Michel Boujut, Jacques Deray, Alain Choquart, Bruno Crémer, Robert Enrico, José Giovanni, Vincent Lecœur, Jean-Pierre Mattéi, Bertrand Tavernie


Le Deuxième Souffle de Jean-Pierre Melville
d'après le roman de José Giovanni
avec Lino Ventura, Paul Meurisse, Raymond Pellegrin.
France 1966, N&B, 143 mn.

Le week-end « José Giovanni » organisé par l'Institut Lumière se terminait dimanche avec la projection exceptionnelle du Deuxième Souffle de Jean-Pierre Melville.
Ancien truand (il a passé onze années en prison), auteur d'une vingtaine de romans noirs, José Giovanni est un personnage atypique, une « gueule », au sein du paysage littéraire et cinématographique. Le Deuxième Souffle est adapté de l'un de ses romans éponyme datant de 1957. Au cours du tournage Melville et Giovanni se sont définitivement brouillés pour de sombres histoires de droits.
Evadé de la prison de Castres, l'Ennemi public numéro 1 Gustave Minda (Lino Ventura) est en cavale à Paris. Il y retrouve Manouche et d'autres amis liés au « milieu ». Traqué, en bout de course, « Gu » est un homme fatigué devant faire face à son destin et à une mort proche. Il repart pour un dernier tour de piste, le hold-up d'un convoiement de fonds vers Marseille, véritable baroud d'honneur qui finira de sceller sa destinée.
Comme pour Le Cercle Rouge, l'intrigue du film importe finalement assez peu, Melville privilégiant l'ambiance rude et pesante du polar, ainsi que les portraits de personnages hauts en couleurs (policiers, truands, ...), pour lesquels il nourrissait une réelle passion.
Les lumières grises ou sombres, de nombreux plans fixes, un rythme lent (presque de l'ordre de la méditation), donnent à cette œuvre une véritable « pâte » dans laquelle le spectateur s'enfonce peu à peu, pour son plus grand plaisir. Au sein de cet univers empruntant à la tragédie grecque et au western, d'excellents acteurs campent des personnages taillés au couteau, âpres, aux attitudes et aux paroles codifiées.
Au sens où l'entendait Deleuze, ce film forme un véritable bloc autonome d'affects, de percepts et de signes. « Gu », le commissaire Blot, Manouche, les frères Ricci et bien d'autres, en sont les pôles émetteurs.
Melville (et Giovanni...) signe(nt) là une oeuvre magistrale !

Jean-Emmanuel Denave

Programme

Samedi 27 janvier à 14h30 en présence de Michel Boujut et José Giovanni
Classe tous risques, 1960 (Sautet)

Samedi 27 janvier à 14h30 à 17h en présence de Robert Enrico et José Giovanni
Les Grandes gueules , 1965 (Enrico)

Samedi 27 janvier à 20h30 en présence de José Giovanni, Bertrand Tavernier et Alain Choquart
Mon père, 2000 (Giovanni), en avant-première

Dimanche 28 janvier à 9h30 en présence de Jacques Deray et José Giovanni
La Loi du survivant, 1967 (Giovanni)
Symphonie pour un massacre, 1963 (Deray)

Dimanche 28 janvier à 14h30 en présence de José Giovanni
Le Trou, 1960 (Becker)

Dimanche 28 janvier à 17h en présence de José Giovanni
Le Deuxième souffle, 1966 (Melville)



Institut Lumière
http://www.institut-lumiere.org/

Filmographie
http://french.imdb.com/AName?Giovanni,+Jos%E9

Le deuxième souffle
http://french.imdb.com/Reviews/180/18016