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Fondation
Cartier Bresson
2, impasse Lebouis
75014 Paris
01 56 80 27 00 |
Du
mercredi au dimanche 13h00 - 18h30
Le samedi 11h00 - 18h45
Nocturne : mercredi jusqu’à 20h30
Fermé lundi, mardi et jours fériés
en
coproduction avec le Kunsthaus |
Les beaux esprits se rencontrent
A
Martine
| «
Nous jouons avec des choses qui disparaissent, et, quand
elles ont disparu, il est impossible de les faire revivre »
: ainsi s’exprimait le photographe Henri Cartier-Bresson
(1908-2004), tandis que son ami Alberto Giacometti (1901-1966)
voyait dans toute œuvre d’art une tentative de «
posséder quelque chose qui fuit constamment ».
Forte de telles citations fraternelles, la Fondation HCB invite
à retrouver dans les œuvres des deux artistes d’autres
échos de cette silencieuse « communauté
de regards ». |

Arsilah,
Maroc, 1933
© Henri Cartier-Bresson / Magnum Photos |
Dessins, sculptures,
et photographies ici exposés sont rapprochés par thèmes
(l’ère surréaliste, l’homme et l’espace,
les portraits et Paris), et surtout par des affinités formelles
incontestables, assises parfois, dans le cas des portraits ou de
l’Homme traversant une place, précisément
sur les mêmes objets d’inspiration. Ce sont les mêmes
lignes pures, les mêmes ombres fines, qui habitent le monde
en noir et blanc de ces frères de vision ; la même
grisaille derrière les lunettes rondes et rationnelles de
Sartre (dessiné par Giacometti ou photographié par
Cartier-Bresson), le même désert autour des hommes
qui marchent, la même fragilité dans le saut «
Derrière la gare Saint-Lazare » et chez l’Homme
qui chavire.
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1932 FRANCE
Derrière la gare Saint-Lazare
© Henri Cartier-Bresson / Magnum Photos
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Mais
si, à confronter des œuvres qui ont à l’évidence
puisé aux mêmes sources, on pousse indirectement
le spectateur à en voir les différences, alors,
à l’éclat des photographies de l’un
s’opposent la maigreur, la subtilité et l’effilement
des sculptures de l’autre, enfermées tantôt
dans une boîte, tantôt dans le musée. «
Qui se ressemble s’assemble », certes, et Cartier-Bresson
comme Giacometti (comme tout le monde, de fait) ont vécu
dans un monde de fugacité, un monde éphémère
dont leur art a voulu figer un instant, un mouvement ; il demeure
qu’au gré de ce beau parcours dans leur carrière
respective, par-delà les plaisantes résonances
d’un autre temps et d’une autre société
qu’ils fréquentèrent ensemble, on ressent
comment bien souvent aussi « les contraires s’attirent
».
Cette même perception d’un monde voué au
mouvement, Cartier-Bresson lui offre un espace doucement poétique,
tandis que Giacometti lui sacrifie tout pour en restituer l’essence
décharnée, assurément tragique. «
Je suis un homme du jour, confiait le photographe, c’était
un homme de la nuit » ; mais le monde tourne jour
et nuit. |
Nicolas
Cavaillès
(janvier 2005)
Nicolas
Cavaillès, spécialiste de l'œuvre
de Cioran, lié à la Roumanie et à sa littérature,
poursuit, après des études de lettres et de philosophie,
des recherches autour de l'écriture, des manuscrits et de
la création artistique (critique génétique).

www.henricartierbresson.org
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