Violette et la boîte de sable
L'école des loisirs, 2004
(collection Mouche)
7-9 ans

 

Les vacances d’été arrivant à grands pas, voici un livre à mettre entre les mains de tous les enfants qui, comme Violette, n’aiment pas la plage.

C’est les vacances. Violette et son petit frère Bruno doivent se dépêcher car Maryse la babysitter est pressée d’aller rejoindre son amoureux à la plage. Puis Bruno part jouer avec son copain, laissant Violette seule avec son ennui. Car Violette n’aime pas la plage. Elle a beau essayer de décalquer sur le sable les formes que prennent les nuages, la mer vient inexorablement effacer son oeuvre. Violette se sent plus que jamais « seule, abandonnée et sans forces » dans un monde « décidément décevant. Pas solide. Non, pas solide du tout ». C’est alors que Violette aperçoit une boîte en bois ballottée par les vagues. De cette boîte surgit tout un monde, le monde intérieur de Violette, plein de sensations agréables qui s’assemblent et esquissent un sourire.
Violette et la boîte de sable pourrait raconter une trépidante histoire ; Violette est d’ailleurs prête à découvrir dans cette boîte un trésor de pirates. Mais Geneviève Brisac opte pour la description des sensations formidables contenues dans cette boîte et arrive à en faire une histoire merveilleuse dont la petite fille est l'héroïne.
A la lecture de ce livre, on ne peut s’empêcher de penser à Philippe Delerm, auteur de La première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules (collection l’Arpenteur, Gallimard, 1997) où il célèbre l’art de profiter des instants de poésie offerts par le quotidien. Dans un livre moins connu et intitulé Surtout ne rien faire (collection Zanzibar aux Editions Milan, 1994), l’auteur, s’adressant à un public plus jeune, évoquait déjà avec délice les sensations liées au monde de l’enfance comme voyager sur un planisphère, choisir un parfum de glace ou, le matin au petit déjeuner, devenir son bol de chocolat.
Geneviève Brisac met en scène, à travers le personnage de Violette, le pouvoir qu’a chaque enfant de transfigurer la réalité en étant ouvert à l’imprévu et surtout à l’écoute de son imagination et de ses souvenirs. C’est donc tout naturellement que l’apprenti lecteur devrait se plonger dans ce livre aux crayonnés doux et aériens en attendant de plonger dans les vagues.

Louise Charbonnier
(juin 2004)

du même auteur
Olga fait une fête (L'Ecole des Loisirs, 2002)
Pour qui vous prenez-vous ? (L'Olivier, 2001/2002)

http://www.ecoledesloisirs.fr

http://www.auteurs.net/public/actualite/rencontre.asp?d=brisac