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27
novembre 2007, à l'issue de la représentation - Soirée
Le Monde Diplomatique
Débat avec Victor Gauthier-Martin, Dominique Vidal, journaliste
au Monde diplomatique et responsable de ses éditions internationales,
Pierre Musso, professeur à l’université Rennes-II,
auteur de Berlusconi, le nouveau prince, éditions de l’Aube,
2004 et Aurélie Trouvé, co-présidente de l’association
alter mondialiste ATTAC. Entrée libre dans la limite des
places disponibles.
Dans
la gueule du loup
Gênes
01 : voilà six ans déjà que les
faits ont eu lieu, mais l’effroyablement violente répression
policière du cortège de 300 000 manifestants altermondialistes,
largement pacifistes, venus affirmer leur contestation lors d’un
sommet du G8, aura marquer les esprits. Œuvre de commande,
Gênes 01 permet au jeune dramaturge
gênois Fausto Parvidino de reconstituer, jour après
jour, ces événements dramatiques à lourde symbolique
politico-sociale, dans un texte-reportage attentif à ne pas
sombrer dans les vieux clichés du genre, ici mis en scène
avec inventivité par Victor Gauthier-Martin.
Huit hommes
riches et puissants ; 300 000 manifestants ; toute une humanité
en jeu. Au pouvoir planétaire doit s’opposer un contre-pouvoir
planétaire, tel est la grande avancée réalisée,
non sans fracas, par le mouvement altermondialiste, nébuleuse
plurielle ici résumée sous le qualificatif de «
désobéissants ». Pédagogique,
sinon simpliste par endroits, mais globalement probante, la pièce
présente les principaux acteurs du drame à venir,
Gênes 01, avant d’en dérouler une chronique,
bonne reconstitution, aux allures de procès ici et là,
et dans une unité de ton un peu regrettable – mais
ce point de vue unique reste assurément le plus fiable, comparé
à celui, médiatico-occulte, des politiciens, écœurant
au possible, aussi hypocrite qu’est chaleureuse la voix des
jeunes « désobéissants ».
Attaché au point de vue italien, la pièce
insiste sur l’organisation trouble du cortège : elle
présente les simples manifestants, mais aussi les mystérieux
casseurs, et surtout les pièges scandaleux tendus par la
police et les carabinieri, sous l’égide sarcastique
d’un Berlusconi prêt à tout pour faire «
bonne impression » devant ses collègues maîtres
du monde. Président ami de la police (encore un), en décalage
avec les autorités locales, plus raisonnables, Berlusconi
fournit à ses chiens de garde des jeunes à tabasser,
autorise les exactions, encourage à la violence les crapules
brutales et inconscientes qui devraient œuvrer à la
sécurité du peuple. Il y a finalement, évidemment,
un mort, un petit gars sans histoire, qui reçut une balle
en pleine tête, avant de se faire rouler deux fois dessus
par un fourgon de carabinieri.
Mais Fausto Paravidino refuse de théâtraliser
le tout : au nom d’un respect du réel, il tient à
la dimension documentaire, ne veut pas dramatiser, ni iconiser les
individus – précaution intelligente, au gré
de la banalisation qu’entraîne fatalement la distanciation
artistique, mais un peu vaine, notamment dans cette mise en scène-ci,
qui, ludique, volontiers parodique, et placée sous le signe
énergique du « faites-le vous-même », accentue
par ailleurs la tonalité monocorde, et emprunte au genre
documentaire (qui envahit déjà nos grands écrans)
ses effets d’images, et ses outils musicaux, rythmiques et
tonaux, répartis entre un musicien, bassiste grave, et plusieurs
ordinateurs (qui ont déjà envahi nos scènes
de concert). Servi par une troupe toute sympathique, le tout est
donc moderne, frais, un tantinet naïf, mais particulièrement
dynamique, pertinent sur le fond, non dépourvu d’humour,
et vecteur, in fine, d’une vive émotion, très
sensible sur scène.
Nicolas
Cavaillès
(novembre
2007)

www.colline.fr
http://www.theatre-contemporain.net/biographies/Fausto-Paravidino/
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