Un ange gardien avec des lunettes noires
de Silvana Gandolfi

Traduit de l'italien par Diane Ménard
L’Ecole des loisirs, 2007 (Médium)

 

 

Ecrire pour vivre

Leonora Chandamour est vieille à présent et, dans le petit appartement où elle vit depuis toujours, elle s’ennuie et ne parvient plus à trouver l’énergie et l’inspiration pour écrire, comme autrefois, ou bien pour parcourir le monde.
Pourtant, avant de mourir, elle aimerait tant écrire le plus beau livre de sa vie ! Un jour, chez un antiquaire, elle voit une statue d’ange, à l’aspect juvénile en enchanteur, qui la fascine.
La nuit, avec ses mains percluses d’arthrite et de l’argile, elle façonne la même statue, persuadée qu’il s’agit de son ange gardien, Ariel, qui prendra vie et chair si elle y croit assez fort et si elle l’appelle de toute son âme.
Le matin, l’ange est là, petit garçon fragile et beau, à la voix et au comportement étranges. Aussitôt l’ange prend les choses en mains. Il a perdu ses ailes et veut porter des lunettes noires. C’est lui qui entraîne la vieille dame fascinée et conquise à l’autre bout du monde, dans un Brésil mystérieux, où elle n’a jamais voulu se rendre, jusque dans un village que l’on nomme « Fin du monde. »
Leonora y trouvera matière à écrire sans doute un beau livre, mais aussi à avoir envie de vivre intensément, à ne pas se résigner à attendre la fin de sa vie, à faire que l’écriture et la vie se mêlent étroitement, à croire au réel comme à l’imaginaire, comme autant de liens très forts tissés entre deux êtres aussi dissemblables que cette vieille femme et son jeune ange.

Silvana Gandolfi est une véritable conteuse, dotée d’une magnifique imagination et d’un sens très maîtrisé du récit. Elle sait entraîner ses lecteurs dans des sentiers étranges et inattendus, tout en partant d’un réel fortement ancré dans un lieu et dans une vie quotidienne ordinaires. Elle parle aussi de la vieillesse, de la non résignation, de la passion ou de la conviction qui peuvent réveiller un vieux corps et rajeunir une âme, des relations fortes qui peuvent exister entre les générations ou des êtres différents.
Son récit, scindé en deux parties – la seconde étant le récit de l’ange - est beau, émouvant et incite chacun d’entre nous à croire aux anges et à trouver le sien.
Elle a la faculté, somme toute assez rare, de plaire aux enfants et adolescents, et aux adultes, grâce à la densité de son propos et à la qualité de son écriture.

Catherine Gentile
(septembre 2007)

Catherine Gentile est documentaliste, formatrice en littérature jeunesse, présidente de l'Association du Festival du Livre de jeunesse et de bande dessinée de la ville de Cherbourg-Octeville et auteur de Bulles en stock (Bibliographie sélective et commentée de bandes dessinées, ed. Cedis, 1999) ; elle a aussi chroniqué littérature de jeunesse et bande dessinée dans la revue Inter CDI pendant plus de quinze ans.

 

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