Gallows Thief
Harper Collins, 2001

L'affaire du tableau
Presses de la cité, 2003

 

Entre 1805 et 1832, 2028 individus furent exécutés en Angleterre et au Pays de Galles, pour des crimes qui pouvaient aller du simple vol d'une montre ou de pratiques sodomites au meurtre le plus odieux (plus de deux cents de ces crimes étaient répertoriés). Même si le nombre d'exécutions a radicalement baissé dans certains pays qui pratiquent encore cette coutume que l'auteur qualifie de barbare (comme les Etats-Unis), les arguments en faveur de la peine capitale étaient les mêmes en ce début de XIXe siècle : on insistait sur la fonction dissuasive (jamais prouvée), mais qui permettait surtout d'exercer un contrôle illimité sur des masses d'indigents que la misère, le plus souvent, poussait au crime.
La plupart des condamnés à mort voyaient cependant leur peine commuée en exil vers l'Australie, colonie pénale, et parfois, le ministre de l'intérieur désignait un enquêteur temporaire, lorsque l'appel d'un condamné était appuyé par un personnage influent...

C'est ainsi que débute ce roman héroïque : River Sandman, un aristocrate déchu, ancien capitaine de l'armée profondément marqué par sa vie militaire et les campagnes napoléoniennes, cherche un emploi. Son nom est déshonoré depuis que son père, accablé de dettes, s'est donné la mort, et afin de ne pas mourir de faim et d'être en mesure de payer le loyer de la misérable chambre qu'il loue dans une auberge de Drury Lane (quartier réputé pour son taux de criminalité), il accepte d'enquêter sur la culpabilité d'un jeune condamné, Charles Corday, peintre de son état. Accusé du meurtre d'un de ses modèles, la comtesse d'Avebury, puis condamné à la suite d'un procès bâclé (comme la plupart), il a fait appel et est indirectement soutenu par la reine elle-même. Pour apaiser cette dernière, le Vicomte Sidmouth, ministre de l'intérieur, ordonne une enquête, mais est néanmoins persuadé de la culpabilité de Corday (après tout, il a été jugé coupable, et la justice ne peut se tromper...) Sandman, qui a sept jours pour prouver que Corday est bien coupable, découvre bien vite qu'il lui faudra plutôt rechercher le véritable meurtrier...
L'auteur nous plonge dans une enquête policière, une épopée justicière palpitante qui tient parfois du roman de cape et d'épée, mais surtout, dans la brillante description d'un temps révolu : peu à peu, l'envers hypocrite et sordide de l' Angleterre victorienne fait surface, et l'on pense bien sûr à Dickens ou au célèbre roman picaresque de Daniel Defoe, Moll Flanders. L'atmosphère de Newgate et les scènes de pendaison, extrêmement frappantes, sont en effet bien rendues et les personnages de toutes conditions sont dépeints avec réalisme, possédant une texture psychologique certaine. Ainsi, on remerciera l'auteur, qui, à travers ce roman plein de rebondissements, parvient de bout en bout à divertir autant qu'à instruire.

Blandine Longre
(décembre 2001)

Du même auteur, en français

Le roi de l'hiver, LGF, 2001
Excalibur : roman arthurien, Ed. de Fallois, 2001
La légende de Stonehenge, Presses de la Cité, 2000
L'ennemi de Dieu : roman, la saga du roi Arthur, Ed. de Fallois, 2000
Le roi de l'hiver : roman arthurien, Ed. de Fallois, 1998

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