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Entre
1805 et 1832, 2028 individus furent exécutés en
Angleterre et au Pays de Galles, pour des crimes qui pouvaient
aller du simple vol d'une montre ou de pratiques sodomites au
meurtre le plus odieux (plus de deux cents de ces crimes étaient
répertoriés). Même si le nombre d'exécutions
a radicalement baissé dans certains pays qui pratiquent
encore cette coutume que l'auteur qualifie de barbare (comme
les Etats-Unis), les arguments en faveur de la peine capitale
étaient les mêmes en ce début de XIXe siècle
: on insistait sur la fonction dissuasive (jamais prouvée),
mais qui permettait surtout d'exercer un contrôle illimité
sur des masses d'indigents que la misère, le plus souvent,
poussait au crime.
La plupart des condamnés à mort voyaient cependant
leur peine commuée en exil vers l'Australie, colonie
pénale, et parfois, le ministre de l'intérieur
désignait un enquêteur temporaire, lorsque l'appel
d'un condamné était appuyé par un personnage
influent... |
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C'est ainsi
que débute ce roman héroïque : River Sandman,
un aristocrate déchu, ancien capitaine de l'armée
profondément marqué par sa vie militaire et les campagnes
napoléoniennes, cherche un emploi. Son nom est déshonoré
depuis que son père, accablé de dettes, s'est donné
la mort, et afin de ne pas mourir de faim et d'être en mesure
de payer le loyer de la misérable chambre qu'il loue dans
une auberge de Drury Lane (quartier réputé pour son
taux de criminalité), il accepte d'enquêter sur la
culpabilité d'un jeune condamné, Charles Corday, peintre
de son état. Accusé du meurtre d'un de ses modèles,
la comtesse d'Avebury, puis condamné à la suite d'un
procès bâclé (comme la plupart), il a fait appel
et est indirectement soutenu par la reine elle-même. Pour
apaiser cette dernière, le Vicomte Sidmouth, ministre de
l'intérieur, ordonne une enquête, mais est néanmoins
persuadé de la culpabilité de Corday (après
tout, il a été jugé coupable, et la justice
ne peut se tromper...) Sandman, qui a sept jours pour prouver que
Corday est bien coupable, découvre bien vite qu'il lui faudra
plutôt rechercher le véritable meurtrier...
L'auteur nous plonge dans une enquête policière, une
épopée justicière palpitante qui tient parfois
du roman de cape et d'épée, mais surtout, dans la
brillante description d'un temps révolu : peu à peu,
l'envers hypocrite et sordide de l' Angleterre victorienne fait
surface, et l'on pense bien sûr à Dickens ou au célèbre
roman picaresque de Daniel Defoe, Moll Flanders. L'atmosphère
de Newgate et les scènes de pendaison, extrêmement
frappantes, sont en effet bien rendues et les personnages de toutes
conditions sont dépeints avec réalisme, possédant
une texture psychologique certaine. Ainsi, on remerciera l'auteur,
qui, à travers ce roman plein de rebondissements, parvient
de bout en bout à divertir autant qu'à instruire.
Blandine
Longre
(décembre 2001)
Du
même auteur, en français
Le
roi de l'hiver, LGF, 2001
Excalibur : roman arthurien, Ed. de Fallois, 2001
La légende de Stonehenge, Presses de la Cité, 2000
L'ennemi de Dieu : roman, la saga du roi Arthur, Ed. de Fallois,
2000
Le roi de l'hiver : roman arthurien, Ed. de Fallois, 1998

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