Sakura Ga Oka,
quartier de Tokyo en pleine mutation (destruction progressive des
cerisiers et des maisons anciennes, remplacées par des immeubles
modernes). Des événements anodins ou criminels s'y
sont succédés entre 1984 et 1987. Bien qu'apparemment
sans lien logique entre eux, ils ont été scrupuleusement
recensés, archivés et annotés par un jeune
homme monomaniaque et énigmatique, Hanazono. Ce dernier confie
ses documents (plans, coupures de journaux, notes personnelles,
photographies) au narrateur qui, réticent mais intrigué,
se met à décrypter cet imbroglio de données.
Il se prend au jeu et après la disparition subite de Hanazono,
prend l'enquête en main et revisite les lieux des "crimes"
(meurtre d'une jeune femme, feux criminels, sabotage de distributeurs
de boissons etc.)
Ce roman-puzzle a de quoi perturber, car on y nage entre deux eaux,
deux narrateurs, fiction et réalité à la fois.
L'auteur, dans de courtes digressions, analyse scientifiquement
les complexités et les ressorts du crime et traite longuement
des relations agresseur / victime. La lecture se fait confuse tandis
que l'on se demande peu à peu qui, des deux narrateurs, est
véritablement sain d'esprit, et quoi penser du comportement
de Hanazono. Va-t-on verser dans le surnaturel et découvrir
que Sakura Ga Oka est une zone maléfique qui inciterait au
crime ?
Le ton est résolument celui d'un roman policier, mais on
ne peut réduire ce roman à une simple et classique
enquête. Fujiwara, décidément très habile
dans sa maîtrise du suspense, renverse les situations, brouille
les pistes, tend des pièges et nous offre quelques heures
d'une lecture délicieuse et tendue.
B.Longre
L'auteur
est aussi connu pour son roman Le conducteur de métro
(prix Akutagawa)
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