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Paraissent
en français en janvier 2008 (Diable Vauvert) Porno
(la suite de Trainspotting) et
Recettes intimes de grands chefs
(son dernier roman), tous deux traduits de l’anglais par Laura
Derajinski.
www.audiable.com
Parasites
Le dernier roman
d'Irvine Welsh est inclassable : réaliste et grotesque, social
et humaniste parfois, parodique et ironique souvent. Le lecteur
peut se perdre dans ce labyrinthe psychologique combiné à
des réitérations scatologiques et sexuelles, et Filth
n'est pas sans rappeler Marabou Stork Nightmares.
Notre "héros" / narrateur, Bruce Robertson, haïssable,
représente tout ce que l'auteur rejette (on l'espère),
incarnant l'antithèse de l'image traditionnelle du policier
: corrompu, raciste, homophobe, misogyne, grossier, cocaïnomane...
et on en passe ; il s'amuse à humilier ses collègues
et ses conquêtes, à leur jouer des tours éprouvants,
et tandis qu'il a du mal à contrôler sa libido ultra
développée, sa débauche est sans limites. Le
terme "filth" le décrit parfaitement,
mais afin de le rendre plus abject encore à nos yeux, Welsh
lui inflige toutes sortes de maux peu ragoûtants (hémorroïdes,
éruption d'éczéma génital, ainsi qu'un
ver solitaire dont le rôle est prépondérant).
Car depuis la fuite de sa femme et de leur fille, et le meurtre
d'un journaliste africain sur lequel il est supposé enquêter,
Robertson se laisse aller, ne se lavant que très rarement,
sa maison devenant un innommable cloaque.
| Sous
cette description peu appétissante, l'humanité
de Robertson transparaît parfois, et la compassion prend
alors le pas sur le dégoût, au fur et à
mesure des révélations. Sa conscience semble
s'éveiller alors qu'il est en pleine déchéance
et son enfance, son histoire, lui sont remémorées
par son enemi intérieur, le ver qui le ronge et lui
parle. La narration n'est plus alors guidée par "je"
mais par un "nous" déroutant et le parasite,
personnage à part entière, s'impose aussi au
lecteur par un procédé graphique ingénieux
qui brouille les pistes.Dans le même temps, l'auteur
se plaît à écorcher les institutions (services
sociaux, médecins...) et tout particulièrement
la loi et l'autorité incarnées par les services
de police débauchés et désordonnés
de la ville d'Edinbourg, en nous en offrant une vision grotesque
et surréaliste.
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La langue de
Welsh est colorée (dialecte écossais), se fait tantôt
soignée, tantôt grossière, sans tabous ; et
pourtant, rien n'est jamais gratuit, bien que l'ensemble puisse
être considéré comme un formidable exutoire
pour l'écrivain. Le tout forme un roman qui nous happe dans
un univers terrifiant mais douloureusement humain, jusqu'à
la pirouette finale, dont on ne sait s'il faut rire ou pleurer.
B.
Longre
(décembre 1999)

http://www.irvinewelsh.net
Trainspotting,
1993. Traduit en français (L'Olivier, 1996 / Le Seuil, poche,
1998)
Acid House (short stories), 1994
Marabou Stork Nightmares,
1995
Ecstasy, three tales of chemical romance, 1996, Traduit en
français (éditions de l'Olivier, 1999)
Glue, 2001
www.editionsdelolivier.fr
http://www.editionspoints.com/
sur
le magazine Spike
http://www.irvinewelsh.com/
http://www.spikemagazine.com/0399filth.htm
http://fr.news.yahoo.com/001214/43/s9uv.html
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