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Fifi,
un modèle… d’anticonformisme
L’impertinente
et audacieuse Fifi revient sur le devant de la scène éditoriale.
A l’occasion des 100 ans de l’écrivaine suédoise
Astrid Lindgren, Hachette jeunesse réédite les trois
titres de la série des Fifi (Fifi Brindacier,
Fifi Princesse et Fifi à Couricoura)
sous forme d’un beau livre relié grand format, illustré
par Ingrid Vang Nyman. L’occasion est donnée de faire
à nouveau connaissance avec l’héroïne suédoise
au caractère très affirmé, ravissante de modernité
malgré son demi-siècle.
Pour la petite
piqure de rappel, Fifi Brindacier vit seule dans une grande maison,
avec un poney et un singe. Autrefois, elle a eu une maman, mais
elle ne s’en souvient plus. Cette dernière est morte
quand Fifi n’était qu’un tout petit bébé
« qui braillait tellement fort que personne n’arrivait
à rester à côté d’elle ».
Par contre, la petite fille n’a pas oublié son papa,
capitaine au long cours. Elle l’avait accompagné sur
son navire, jusqu’au jour de sa disparition en mer, emporté
par une terrible vague. Mais elle est sûre qu’un jour
il reviendra et que, pour le moment, il est le roi d’une tribu
de cannibales sur une île perdue…
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Fifi
est un modèle féministe car son seul mot d’ordre
est la liberté et qu’elle fait fi des identités
de genres et des rôles sociaux. Enfin un personnage
féminin non conventionnel, insolite et audacieux. Elle
ose et n’a peur de rien… Les policiers, les brutes
de son âge ou les voleurs ne lui inspirent même
pas l’ombre d’une crainte. Elle s’offre
même le luxe de terrasser « Arthur le costaud
». A son amie Annika, qui tente de la dissuader de combattre
avec lui sous prétexte qu’il est l’homme
le plus fort du monde, elle répond fort audacieusement
: « Oui, j’entend bien, l’homme. Mais
n’oublie pas que, moi, je suis la petite fille la plus
forte du monde. » Puis elle lui fait mordre la
poussière devant le public du cirque conquis. Fifi
n’est pas pour autant un garçon manqué,
elle est une petite fille réussie. |
En plus de ne
pas être stéréotypée, elle est financièrement
indépendante, ce qui pour l’époque est complètement
révolutionnaire. Elle possède en effet une valise
pleine de pièces d’or que son père lui a données
et se débrouille parfaitement seule. Elle refuse la tyrannie
des adultes, de l’école, des policiers et des voleurs.
Toute tentative de l’enchaîner échoue car Fifi
ne rentre dans aucun moule, impossible donc de la formater. D’ailleurs,
la tentative de lui faire suivre des cours à l’école
s’avère peu probante : se conformer à des horaires,
à une discipline stricte et au vouvoiement lui est impossible,
puisqu’elle n’a pas reçu une éducation
conventionnelle. Au contraire, elle a toujours fait tout ce qu’elle
voulait. L’apparence même de Fifi est novatrice : tenue
vestimentaire unisexe et fantaisiste, loin du cliché de la
robe rose des petites filles modèles. Elle porte des bas
dépareillés et arbore une chevelure flamboyante, coiffée
en tresses dressées de chaque côté de sa tête.
On lui devine des yeux pétillant et un regard malicieux.
Son allure est celle d’une petite fille espiègle et
tonique qui préfère être « chercheuse
d’objets » que brodeuse.
Fifi Brindacier
n’a qu’un seul mot d’ordre, la liberté…
Libre de vivre comme elle l’entend, sans aucune oppression.
Fifi va jusqu’au bout d’elle-même, elle est entière.
Fifi est un modèle… d’anticonformisme et elle
ouvre le champ des possibles féminins, ce qui est réjouissant
!
Caroline
Scandale
(février 2008)
Caroline
Scandale,
professeure documentaliste, poursuit en parallèle des recherches
en littérature, spécialité Masculin/féminin,
en particulier dans le domaine de la littérature jeunesse.
http://sorcieres-jeunesse.hautetfort.com/

http://www.jeunesse.hachette-livre.fr/
Littérature
jeunesse
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