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Charte établie
par un groupement de cinéastes indépendants venus
du Nord, le dogme visait à
créer un nouveau courant cinématographique délesté
des contraintes techniques habituelles. Tourné en numérique,
caméra à l'épaule et en lumière naturelle,
Festen, réalisé par Thomas Vinterberg,
décontenançait par son habileté à susciter
le malaise. Images grisées par les beuveries du banquet,
mise en scène brutale, comédiens sortant du champ
à tout instant étaient à l'origine de la surprise
du festival de Cannes 1998.
Aujourd'hui, personne ne s'étonnera que le dogme déshabille
le cinéma de sa luxueuse parure et enfante illégitimement
d'une pièce de théâtre. Le scénario est
désormais bien connu et Grzegorz Jarzyna, élève
puis assistant de Krystian Lupa, relève le défi
de s'emparer du film du Danois pour l'adapter au festival d'Avignon.
Son travail, que l'on a pu découvrir en 2000 avec Yvonne,
princesse de Bourgogne de son compatriote Witold Gombrowicz
et L'Idiot de Fédor Dostoïevski
se nourrissait jusqu'alors de ses pérégrinations scéniques
en compagnie de Peter Brook et de Jerzy Grotowski.
Ici, il prend un tour nouveau. Drame en filigrane, Festen,
l'inceste en point de mire, contenait dans sa genèse tous
les éléments d'une tragédie cuménique
: l'action se déroule en vingt-quatre heures, prend sa source
dans une famille en pleine déliquescence, névrosée
jusqu'à l'os, et ce, dans un cadre bien déterminé,
la famille s'étant réunie à la campagne pour
fêter le soixantième anniversaire du père jusqu'alors
connu pour être un respectable pasteur. Les corps dénudés
et les mouvements de caméra désordonnés de
Vinterberg ne prennent que peu de place sur le plateau et Jarzyna
de privilégier l'atmosphère de cet éprouvant
huis-clos et de coller à la trame du film.
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Festen,
la pièce, dégage les effluves d'une rédemption
attendue et converge vers l'ivresse sans pour autant transporter
le spectateur. La mise en scène de Grzegorz Jarzyna
s'avère habile, honnête mais sans génie,
du moins, comparé au film. Servis par des comédiens
irréprochables mais en dessous de la distribution du
film, Jarzyna et son Festen s'en sortent honorablement, restituant
avec fidélité les forces du film. Cependant,
il s'accorde si peu de liberté que l'on se demande
pourquoi le Polonais a préféré adapter
Festen que de se lancer dans une véritable
création. Toujours est-il que la vraie question serait
peut-être plutôt de savoir s'il est possible et
judicieux d'adapter un film sur les planches
Rien n'est
moins sûr.
Philippe
Beer-Gabel
(juillet
2002)
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Avec
Jan Peszek, Ewa Dalkowska, Andrzej Chyra, Marek Kalita, Danuta
Stenka, Aleksandra Konieczna, Bronislaw Pawlik, Danuta Szaflarska,
Chrystian Emany, Magdalena Cielecka, Aleksandra Poplawska,
Wojciech Kalarus, Waldemar Obloza, Lech Lotocki, Mariusz Benoit,
Magdalena Kuta, Stanislaw Sparazynski, Marek Kempinski, Tomasz
Borkowski, Franciszek Wardynski, Julia Przebierala, Adam Marszalik
; musicien : Marci
Adaptation
de Bo
hr. Hansen
Traduction
de
Elzbieta Fratczak-Nowotny
Adaptation
musicale
H7 ; Chorégraphie : Iwona Olszowska
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http://www.festival-avignon.com
http://www.theatre-contemporain.net/tv/index.php3
http://www.fluctuat.net/cinema/paris99/chroniq/festen.htm
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