| Auschwitz
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Libération
par les Russes de femmes déportées
Rebondir
Les horreurs
de la déportation, des camps de concentration et des génocides
de la Seconde Guerre Mondiale hantent toujours l’inconscient
collectif occidental. Il est certain que nous ne devons pas oublier
parce que, comme l’écrit Pierre Seghers, «
les bûchers ne sont jamais éteints et le feu (...)
peut reprendre ». Les multiples témoignages qui
se recoupent tous favorisent le souvenir. Françoise Maffre
Castellani apporte, quant à elle, un éclairage supplémentaire,
différent et novateur. En effet, elle analyse le vécu
de femmes déportées alors que nous possédons
essentiellement des témoignages masculins comme ceux de Primo
Lévi, Wladyslaw Szpilman... Et elle les aborde à travers
le prisme de la résilience, autrement dit de « cette
capacité », observée et décrite
par Boris Cyrulnik, « de ne pas se briser (de «rebondir»)
sous l’effet des pires chocs. »

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Françoise
Maffre Castellani narre de façon rigoureuse et méthodique
les expériences de six femmes « très
différentes par leurs origines, leur formation, leur
personnalité ». Et elle explique comment
elles ont « survécu à ces traumatismes
effroyables (...) grâce à leurs propres ressources,
insoupçonnées parfois et souvent insoupçonnables,
et grâce aussi à quelques mains tendues ».
Comme Boris Cyrulnik dans ses nombreux essais, elle prouve
que l’être humain possède en lui une immense
capacité à réagir et à poursuivre
sa route malgré les pires douleurs. Dans les camps
nazis ou au goulag, l’amitié, la solidarité,
l’humour, la poésie, qui constituent différentes
formes de résiliences, ont aidé et soutenu les
prisonnières. Elles ont métamorphosé
« la douleur en oeuvre d’art ».
Du mal, de l’apocalypse sont nés le courage,
la beauté, la vie. Et ces différentes actions
ont de surcroît prouvé la vanité de l’image
traditionnelle de la femme faible et fragile. |
On peut cependant
reprocher à l’auteur le préjugé inverse,
ténu mais présent, lorsqu’elle évoque
« cet amour maternel protecteur qui fait si souvent partie
de l’être même des femmes » ou quand
elle écrit après avoir parlé des comportements
masculins, « je ne crois pas que les femmes soient spontanément
plus tolérantes. Mais, tout de même... ».
La restriction inachevée est révélatrice d’un
préjugé plus ou moins conscient. Or il est dangereux
de croire en une nature humaine. Cela présuppose que tout
est inscrit dans les cellules et que l’être est défini
une fois pour toute, qu’il a une essence, en l’occurrence
ici une essence sexuelle. Dans ce cas, il n’a plus de liberté,
de libre arbitre. Il est mû par une espèce de fatum
intérieur. Mis à part, ce reproche bien anodin, Femmes
déportées est un témoignage novateur
prouvant l’héroïsme extraordinaire de certaines
femmes victimes de l’intolérance durant la première
moitié du XXe siècle.
Annie
Forest-Abou Mansour
(février 2006)
Annie
Forest-Abou Mansour, professeur certifié,
docteur ès lettres, est passionnée de littérature,
de critique littéraire, de cinéma et de théâtre.

http://www.desfemmes.fr
http://www.memorialdelashoah.org/
http://www.sauramps.com/article.php3?id_article=1247
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