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De l'intérieur
Nathalie se
rend tranquillement à son cours de danse, pleine d’un
bonheur qu’elle exprime avec finesse (« j’ai
l’impression qu’une rivière coule sur ma nuque,
qu’elle traverse l’intérieur de mes épaules
et se jette au bout de mes doigts. »), quand soudain,
à l’arrêt du bus, elle tombe sur deux garçons
qu’elle ne connaît pas, mais qui ont pourtant décidé
de lui jouer un mauvais tour : la gifler et partir en courant. Un
incident sans gravité, en surface seulement, car il bouleverse
la jeune narratrice ; le geste, « indélébile
», est un acte gratuit et, à l’incompréhension,
s’ajoutent la honte, la tristesse, la colère, la peur
mais aussi l’idée d’être coupable d’un
crime invisible… Le sentiment d’avoir subi un affront
et d’avoir été souillée (elle va jusqu'à
comparer le geste, symboliquement, à un viol) transforme
son quotidien, ce qui inquiète ses parents – à
qui elle a tout raconté. Mais parfois, il ne suffit pas de
pouvoir se confier pour effacer...
Nathalie tâche aussi de comprendre. C’est sur le web
qu’elle découvrira la pseudo motivation de ses assaillants
et le fin mot de l’incident : une mode surnommée «
happy slapping », qui consiste à filmer sur téléphone
portable une agression orchestrée par un ou plusieurs camarades…
Une pratique qui ressemble fort à une forme d’entartage,
mais en plus pervers et violent, et en moins drôle –
un phénomène venu d’Outre-atlantique, qui va
s’amplifiant (on recenserait des dizaines de cas par an dans
les établissements scolaires) et ne se résume généralement
pas à la simple baffe, on l’aura compris.
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C’est
donc à partir d’un fait de société
qui touche d’abord les adolescents et une histoire
du quotidien très simple en apparaence que l’auteur
déroule son récit : un roman court et percutant
qui s’adresse aux jeunes lecteurs aguerris (à
partir de 10 ans), et où François David s’intéresse
avant tout aux sentiments contraires qui se succèdent
dans l’esprit de la jeune fille, habilement mis en
mots. Un récit de l’intime, donc, très
introspectif, qui montre à la perfection comment
les émotions se chevauchent mais évoluent
aussi, puis s’achèvent sur une pitié
qui libère Nathalie de sa « colère,
celle qui m’avait dévoré l’estomac,
tout dévasté… ». Les «
méchants » ne seront pas punis et le dénouement
abrupt, en demi-teinte, ne propose ni « recette »
ni solution miracle (ouf !), mais laisse néanmoins
une porte de sortie très réaliste qui satisfait
amplement.
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Blandine
Longre
(juillet 2007)
Blandine
Longre, agrégée d’anglais,
est l’une des fondatrices de Sitartmag ; traductrice et
critique littéraire, elle s’intéresse tout
particulièrement aux écritures contemporaines (francophone,
anglophone, asiatique, orientale etc.), à la littérature
pour la jeunesse, au théâtre (texte et représentation)
et aux relations qu’entretiennent fiction et réel.

www.baronperche.com
François David
Te FaiS PaS ReMarQUeR ! - Tiziana
Romanin (Sarbacane, 2006)
On n’aime pas les chats - Géraldine
Alibeu (Sarbacane, 2006)
Oh ! Les amoureux - avec Isabelle Simon
(Sarbacane)
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un autre - collectif d'illustrateurs (Sarbacane)
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Est-elle Estelle ?
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Les enfants de la
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