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A
l'Auditorium de Lyon et à la salle Molière
Les
voyages musicaux d'hiver conçus par Françoise
Falck et réalisés en co-production avec
l'ONL font désormais partie des grands rendez-vous
annuels des mélomanes lyonnais. Cette année,
c'est Franck et Fauré qui investiront la salle
Molière.
En cinq concerts, outre la soirée
inaugurale symphonique donnée à
l'Auditorium le 17 janvier avec l'ONL, la quasi-totalité
de la musique de chambre de Franck et Fauré pourra
résonner, sous les doigts et les archets d'une
pléiade de jeunes talents (Henri Demarquette,
Le Quatuor Debussy, le Trio Wanderer, les pianistes
Claire Désert, Vincent Coq et Bruno Robilliard,
le violoniste Raphaël Oleg...)
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Claire
Désert
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Auditorium
de Lyon
149 rue Garibaldi
69003 Lyon
renseignements
04 78 95 95 95
Salle
Molière
18-20,
quai de Bondy
69005 Lyon
renseignements
04 78 22 57 56
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Soirée
inaugurale symphonique
à l'Auditorium le 17 janvier 2002
Le
concert de ce soir s'inscrivait dans le cadre du cycle Voyage
Musical d'Hiver à Lyon.
Cette année, à l'honneur, deux musiciens français
de la période dite romantique, Gabriel Fauré
et César Franck. Sous la direction de Michel Plasson,
le chef permanent du Capitole de Toulouse, la première
partie du concert fut consacrée à Fauré.
Pélléas et Mélisande, opus
80, débuta la soirée. L'adaptation de l'uvre
de Maeterlinck fut proposé à Fauré par
l'actrice anglaise Mrs P.Campbell. Il accepta et travailla
dans la hâte : ouvrage écrit en un mois, orchestré
par un de ses élèves. Au bout, une grande uvre.
Le premier mouvement, Prélude, énonce deux fois
le thème de Mélisande, dans un médium
calme, paisible, presque blanc. Le second thème, au
violoncelle, basson et flûtes, conduit à des
accents déchirants, annonciateur du drame. Le deuxième
mouvement, La Fileuse, évoque Mélisande filant
la laine (premiers violons). Le premier thème est exposé
au hautbois, puis le second contient la chanson de Mélisande
que l'on retrouvera dans l'adagio final.
La Sicilienne, troisième mouvement, est une des pages
les plus connues de Fauré. Le solo de flûte accompagné
par la harpe est lumineux, fluide comme ce mouvement, coulant
comme la fontaine, un des rares moments heureux de la pièce
de Maeterlinck.
Enfin, le dernier mouvement, La Mort de Mélisande,
pendant du prélude, fait jouer le registre grave, solennel
mais sans mélo. Ce n'est que dans les dernières
mesures que Fauré revient au ton calme et murmuré.
Sous l'impulsion de Michel Plasson, L'ONL a magnifiquement
rendu le Fauré contemplatif qui allie fraîcheur
et ligne mélodique somptueuse comme un flot continu.
Le hautbois, dans le deuxième mouvement, et la flûte
dans le troisième se dégage d'une interprétation
parfaitement ciselée par le chef. Un réel grand
moment
Masques et Bergamasques, Opus 112, suivit. Cette
uvre est un divertissement sur le thème des Fêtes
Galantes. L'Ouverture y ressemble à un lever de rideau
d'opérette à la Mozart ; les violons sautillent,
se répondent et la ligne mélodique est enjouée.
Le Menuet qui suit assume un certain caractère de pastiche
de cette musique du 18e siècle très reprise
(pensons au Tombeau de Couperin
de Ravel, à peine antérieur). Là encore,
les violons donnent le pas de danse. La Gavotte, pleine de
mordant, n'est pas seulement un exercice de style : les percussions
marquent le temps puis le ton se fait plus intimiste pour
retrouver le ton enjoué qui sied au genre. Pour finir,
joyau de cette uvre, La Pastorale, respire la joie,
le soleil. Le compositeur l'a d'ailleurs écrite dans
le Midi de la France
L'orchestre sait retranscrire cette
quiétude, le Hautbois répondant aux violons
avec majesté.
Michel Plasson insiste fortement dans l'alternance mezzo forte,
piano, contribuant à nous offrir un final plein de
poésie musicale.
Elligie pour Violoncelle et Orchestre acheva
cette première partie de concert consacrée à
Gabriel Fauré avec, en soliste, au violoncelle, Henri
Demarquette. Ici, ce sont les accents poignants qui succèdent
à la grâce et à l'élégance.
Le propos très sombre ne cède pourtant jamais
à un excès de romantisme. Le violoncelle d'Henri
Demarquette nous séduit dès la première
phrase musicale. Le musicien sait faire vivre la voix de cet
instrument que l'on dit proche de la voix humaine. Après
l'exposé du thème, un jeu de questions réponses
entre le soliste et l'orchestre s'installe puis c'est le retour
à l'ambiance initiale.
La
deuxième partie nous proposa de (re)découvrir
La Symphonie en Ré Mineur de César
Franck. Destinée à un ensemble imposant
comprenant flûtes, hautbois et cors anglais, clarinettes
et clarinettes basses, bassons ainsi qu'un groupe de cuivres
(cors, trompettes, cornets à pistons, trombones, tubas),
la Symphonie en Ré Mineur est l'unique uvre
symphonique du compositeur. L'amplitude et la majesté
imposée par les cuivres, le registre grave dans lequel
sont tenus contrebasses et violoncelles, se conjuguent néanmoins
sans peine avec la douceur des cordes. Les thèmes,
tout au long de ces trois mouvements apparaissent, disparaissent,
se superposent.
Commencé en ré mineur, Le premier mouvement
"Lento puis Allegro non troppo ", expose,
sans précipitation, ces motifs cycliques en tonalité
mineure puis majeur. Le deuxième mouvement, "Allegretto
", expose deux motifs : Le premier, avec cordes et harpes,
fait ressortir la gravité du cor anglais, réminiscence
de la musique allemande. Le deuxième motif est plus
léger (prédominance des cordes) et plus enlevé
(présence des percussions). Puis c'est le retour du
thème initial sur un ton apaisé. Enfin, le troisième
mouvement, "Allegro non troppo ", écrit
en ré majeur, expose deux nouveaux thèmes :
Le premier à la basse dans un enchevêtrement
mélodieux des cordes, le second, dans le registre des
cuivres. On revient, ensuite, aux motifs antérieurs,
dans l'amplitude, à nouveau, des cuivres, les graves
des violoncelles et des contrebasses, les percussions expressives.
Le final nous ramène aux réparties paisibles
cordes-cuivres avant que l'orchestre tout entier ne se déploie
dans sa puissance. Magnifique interprétation, par l'ONL
de cette uvre majeure de ce compositeur si souvent injustement
décrié.
Michel Plasson, tout au long de cette soirée, et peut-être
plus particulièrement pour la symphonie de Franck,
nous a ébloui par sa maîtrise (le chef dirigea
sans partition), sa connaissance au plus intime des uvres
interprétées, son investissement total dans
ce parcours musical. Qu'il en soit vivement remercié
!
Avec un tel chef, les musiciens de L'ONL ne pouvaient que
se situer dans le registre de l'excellence sans oublier la
remarquable prestation sur L'Elligie d'Henri
Demarquette.
Décidément, tout était en parfaite osmose
en cette soirée de musique française. Le public,
nombreux et enthousiaste, ne s'y est pas trompé.
Philippe Anthonioz
(janvier
2002)
Après
"Aimez-vous Brahms ?", "Un Rendez-Vous avec
Schumann", "Beethoven passionnément",
"Hommage à Mendelssohn" et "Voyage musical
d'hiver, Franz Schubert" je consacrerai cette année,
en co-production avec l'Orchestre national de Lyon, ces Rencontres
de Musique de Chambre à la musique française
avec un "Voyage musical d'hiver, César Franck
et Gabriel Fauré" au mois de janvier 2002. C'est
à la Salle Molière, lieu exceptionnel à
l'acoustique rare, que se retrouveront tous ces artistes de
talent, unis dans la même passion d'un travail musical
de qualité et d'une complicité nécessaire
à l'interprétation de ces uvres.
C'est donc avec plaisir que j'invite les mélomanes,
initiés ou non, à partager avec les compositeurs
et les musiciens interprètes, ce grand moment de musique
intime et plein d'émotion.
Françoise Falck, Directeur Artistique