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mises
en scène de Philippe Vincent
Richard III de Shakespeare
Anatomie Titus Fall of Rome
Shakespeare / Heiner Müller
Avec : Fabien
Grenon, Anne Ferret, Samuel Hercule, Benoit Monneret, Philippe Vincent,
et six autres comédiens (distribution en cours)
du 28 mai
au 2 juin 2001
Théâtre de la Croix Rousse, Hors les murs, aux
Subsistances
Quai Saint-Vincent, Lyon 1er
renseignements et location :
04 72 07 49 50 et http://www.croix-rousse.com/
Texte méconnu
de Brecht, Fatzer nous plonge dans l'Allemagne de la Première
Guerre Mondiale avec ses hommes qu'on enterre et sa population rongée
par le désespoir et la famine. Fatzer et trois autres tankistes
fuient la boucherie des champs de bataille et parviennent à
Mülheim où ils se réfugient dans un appartement.
Leur temps sera occupé principalement par la recherche de
nourriture. Fatzer, plus égoïste et individualiste,
revendique un statut à part dans le groupe de déserteurs,
refusant que celui-ci ne constitue un obstacle à ses propres
désirs…
Rarement jouée, enveloppant des enjeux politiques et philosophiques
majeurs, cette pièce avait donc de quoi attiser la curiosité
du spectateur, et ce d'autant plus qu'on nous promettait une mise
en scène pour le moins originale : chaque représentation
constitue une étape d'un tournage cinématographique
et les spectateurs sont appelés à participer à
l'événement ! L'idée, fort intéressante
a priori, de Philippe Vincent est de monter un long-métrage
à partir des différentes représentations de
la pièce ( déjà jouée à Marseille
et Vaulx-en-Velin ).
Vêtus
de costumes d'époque, nous pénétrons dans la
« verrière » des Subsistances transformée en immense
réfectoire. Les décors, les couleurs militaires et
ternes des costumes, le volume impressionnant de l'endroit, créent
une atmosphère singulière et pesante, propre à
nous immerger dans le contexte de l'époque.
La représentation peut alors commencer : elle est organisée
selon l'alternance entre le tournage d'une scène (montrée
en direct sur un écran) et la projection de la scène
suivante ( tournée lors de précédentes représentations
). Ainsi la pièce conserve une certaine continuité
narrative. Le problème est que le projet d'éclater
le temps et l'espace, et de déconstruire un objet théâtral,
ne fonctionne pas du tout : la voix des acteurs est souvent inaudible
(problème technique ?), les scènes tournées
sont difficilement visibles et les images projetées de qualité
médiocre.
Au-delà
de ces gros problèmes pratiques, toute idée de représentation
théâtrale est littéralement absorbée
par les images et l'écran. Dans la salle il ne se passe pas
grand chose, les acteurs n'y font que de brèves et chaotiques
apparitions. Philippe Vincent n'utilise finalement l'espace des
Subsistances et son public costumé que comme un vague décor
parfaitement statique.
A vouloir mêler théâtre et cinéma, il
perd en fait sur les deux tableaux : l'espace théâtral
est vidé de toute substance par le dispositif cinématographique
et le film projeté ne propose qu'une matière assez
ampoulée (du théâtre filmé sans grand
intérêt). A aucun moment le public ne participe à
la pièce : simples figurants figés, il aurait été
honnête de nous rémunérer et non l'inverse.
Le travail de distanciation (antienne brechtienne) tenté
en nous montrant l'envers du décor et la construction d'un
objet n'opère pas : nous ne percevons pas grand chose, ne
participons à rien, n'entendons pas beaucoup du texte lui-même,
et en définitive nous passons deux heures accablantes d'ennui.
Jean-Emmanuel
Denave
Entre
théâtre et cinéma
"Fatzer l'asocial, le révolutionnaire virtuel, fait surgir
la révolution de ce qui est tout simplement son contraire,
le capitalisme..." Philippe Vincent nous entraîne dans La
chute de l'égoïste Johann Fatzer. Pour chaque représentation,
le public est autant spectateur qu’acteur, participant à
la construction narrative d'un film. Il est intégré
à l'espace scénique. Chaque série de représentations
est unique. Elle est le fragment synthétique d’un ensemble
qui fait l’objet de prises de vue. Différents moments filmés
lors des représentations serviront de base à un long
métrage regroupant les spectacles présentés
à Marseille, Vaulx-en-Velin et Lyon. Ces prises de vue pourront
également faire l’objet de projections dans les autres villes,
pendant les tournages, servant de fond en surimpression. Cette création
s’appuie sur une équipe permanente d’une quinzaine de comédiens,
musiciens, techniciens... Et dans chaque ville, en plus des spectateurs,
d’autres musiciens, comédiens ou des groupes amateurs seront
invités à participer au projet Fatzer. Fatzer, texte
méconnu de Brecht, sera ainsi vu dans une mise en scène
radicale mêlant étrangement théâtre et
cinéma, spectacle et participation du public.
Brecht,
chroniques en ligne :
La
bonne âme du Setchouan, Ensatt, juin 2001
La vie de Galilée, Maison
de la Danse, octobre 2000
Antigone, Les Ateliers, janvier
2001

Brecht
http://www.comedie-francaise.fr/biographies/brecht.htm
http://www.monde-diplomatique.fr/1998/02/PATZOLD/10015.html
Le
théâtre de la Croix-Rousse
http://www.croix-rousse.com/
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