|
A
l’occasion des sorties au cinéma de Mother
India (9 juin) et de La Famille Indienne
(26 mai)
Journée
BOLLYWOOD
au
TRIANON, Paris
LUNDI 31 MAI 2004 DE 14h A minuit
Le
TRIANON
80, bd Rochechouart 75018 Paris
M° Anvers + Parking
réservations http://www.indiancinemaevents.com/
|
La
Famille indienne, un rayon de soleil sur Londres
Du Bollywood efficace, fidèle aux recettes romantiques
du genre, à l’histoire bien pliée comme un sari.
Attention, visite radieuse de Londres comprise!
Superproduction
tournée en Inde, en Egypte, et surtout au Royaume-Uni, La
Famille indienne invite Bollywood à Londres.
L’idée vaut bien le détour pour plus de dynamisme,
plus de fantaisie, dans un film un peu trop soigné.
Dans
des scènes typiques de la comédie dramatique indienne
chantée et dansée, l’irruption de figurants
britanniques donne la berlue ! En un clin d’œil, une
chorégraphie tonifiante naît sur un campus peuplé
de rouquins, un chant s’élève au milieu d’une
assemblée de petits écoliers anglais en uniforme,
de jeunes Anglaises, plutôt disgracieuses, s’essaient
à des danses orientales… Il faut se frotter les yeux
pour s’en convaincre et quelquefois se pincer pour ne pas
en éclater de rire. Mais tant mieux ! Du cinéma de
quartier marocain, par exemple, jusqu’aux salles d’art
et essai parisiennes, le film parvient alors à joindre les
deux extrémités du public mondial touché par
la gigantesque industrie cinématographique indienne. La
Famille indienne se présente en effet comme
un conte à la fois populaire et moderne.
Populaire,
l’histoire d’un fils de grande famille qui refuse un
mariage arrangé et se voit renié par un père
très traditionnel ! Moderne, l’éclatement familial
entre Inde et Angleterre ! (A rapprocher des retrouvailles intercontinentales
dans Le Mariage des moussons, de Mira
Nair.) Le succès de scénario paraît donc cousu
de fil blanc, pour tous publics.
En
pratique, sur un fond de romantisme bien propre à Bollywood,
dans des scènes parfois très drôles, ou
simplement touchantes, le long récit de la famille
Raichand est traversé de moments enchanteurs, telle
l’arrivée d’un jeune homme pressenti par
le cœur de sa mère, dans un vent magique, un tourbillon
de lumières… Quelques splendides numéros
de danse coupent le souffle, tandis que la complicité
naturelle entre comédiens blagueurs apporte la naïveté
et la maladresse nécessaires pour percer d’humanité
l’amas de dialogues convenus et de décors opulents
accumulés pendant 3 h 30. |
 |
Vastes intérieurs de palaces aseptisés, hélicoptères,
escapade kitsch au pied des grandes pyramides égyptiennes…
Le jeune metteur en scène Karan Johar, au style plus proche
des clips de rap que des comédies musicales hollywoodiennes,
s’est payé tous les luxes ! A ce grand jeu d’épate,
la distribution n’est pas négligée le moins
du monde avec la grande vedette actuelle du cinéma indien,
le malicieux Shah Rukh Khan («Devdas»)
en fils banni, l’espiègle Kajol en
jolie empotée guillerette, le grave Amitabh Bachchan
en père inflexible, et son épouse Jaya Bachchan
en mère larmoyante. A de rares occasions, l’un ou l’autre
de ces grands acteurs semble cabotiner ou s’ennuyer dès
que la caméra s’éloigne. De fait, ils s’investissent
tous à la hauteur de leur renommée, conscients de
forcer les émotions à jaillir sur l’écran,
dans la plus pure tradition de Bollywood, avec leurs regards sincères,
imbibés de larmes ou rieurs (irrésistible Kajol !)
mais face à la caméra, justement.
Un
petit air de Molière
Le père Yashovardan et le fils aîné Rahul fièrement
restés dos à dos, il revient au cadet Rohan de réconcilier
les honneurs blessés, de dénouer en apparence les
liens familiaux pour mieux les resserrer, afin que les amants s’unissent
avec le consentement des parents. Un petit air de Molière
donc, dans un Londres de clichés, pour un Bollywood moderne
à l’inculture parfois éclatante, toujours inoffensive.
François
Cavaillès
(mai 2004)
François
Cavaillès
est journaliste et critique d'art à Paris. Ancien reporter
en radio, puis en presse, dans la région d'Ottawa (Canada),
il s'intéresse aujourd'hui aux cultures de l'Asie du Sud-Est
et étudie le thaï à l'Institut National des Langues
et Civilisations Orientales de Paris.

http://www.indiancinemaevents.com/
http://www.carlottafilms.com |