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Portrait
de famille
Aladin
porte un regard tour à tour amusé, décontenancé
et naïf sur son arbre généalogique, certes particulier,
mais pas tant que cela. Il se charge de faire les présentations
: son papa Jami (« mais moi je lui dis « papa »
parce que c’est mon papa. »), sa maman Eléonore,
ses grands-parents paternels et maternels (Mamouchka, Papouche –
« parce qu’il porte souvent des babouches »
! – Bon papa et Bonne maman) ; jusqu’ici, rien d'inhabituel.
Mais quelques pages plus loin, on apprend qu’il a un autre
papa (Papapol), une sœur (« mais on n’a pas
le même papa »), une autre maman (Mamamia) et un
frère, Ali (« mais on n’a pas la même
maman » !)…
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La
famille d’Aladin, métissée, décomposée,
recomposée, rafistolée, apparaît comme
très heureuse, rayonnante, et le résultat de
multiples brassages qui ne sont en rien des entraves au bonheur,
même si le petit garçon se plaint parfois de
trouver cela très « compliqué
», tout en prouvant sa capacité à exposer
ces données avec clarté – montrant par-là
qu’il a bien compris et assimilé quels liens
unissaient les différents membres de sa famille : ses
repères sont limpides et bien posés, son identité
et ses origines fermement établies et il nous apparaît
comme très équilibré malgré ces
péripéties familiales (que l’on devine,
sans qu’elles ne soient jamais évoquées
directement). |
Les superbes portraits pleine page rendent hommage au jeune narrateur
et à chacun des personnages — une belle galerie que
l’on aimerait pouvoir contempler en plus grand format encore
; des illustrations chaleureuses, dans les tons ocres, qu’accompagnent
un code couleur et de petits signes qui correspondent à chaque
sous-famille (lune, étoile, etc.), une manière d’aider
les plus jeunes lecteurs à s’y retrouver. Quelle
affaire avec les papas et les mamans, au-delà
des problèmes évoqués en filigrane par Aladin,
est une belle histoire de tolérance et d’ouverture
qui, avec humour et légère impertinence, illustre
les nouvelles donnes familiales et qui témoigne là
encore combien l’album jeunesse peut être un moyen de
transmission adéquat et un outil de réflexion inégalable.
B.
Longre
(novembre 2004)
Blandine
Longre, agrégée d’anglais, est
l’une des fondatrices de Sitartmag ; rédactrice en
chef depuis mai 1999, elle s’intéresse tout particulièrement
aux écritures contemporaines (francophone, anglophone, asiatique,
orientale etc.), à la littérature pour la jeunesse,
au théâtre (texte et représentation) et aux
relations qu’entretiennent fiction et réel.

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