Existence
zéro - Tome 2. Le pouvoir
de Framboise de
Maëlle Fierpied
Petit à petit 2004
Un
sacré « potentiel » !
Dans une chambre
de « l’Université Invisible »,
une fillette de onze ans émerge d’une semaine de sommeil
artificiel. Père l’accueille : « Ta vie commence
à présent, ton passé n’est plus que cendres
et tu détiens les clés de ton avenir. Sois la bienvenue
parmi nous. » L’enfant semble avoir été
choisie… Mais qui est-elle ? D’où vient-elle
? Que présagent ces paroles rituelles ?
Mélusine
Dragon grandit dans un foyer heureux et nourrit une profonde affection
pour ses parents et sa petite sœur Camille. Elle ne se sent
pas toujours très bien dans sa peau : avec son amie Julia,
elle aime se déguiser et créer des mondes originaux,
échappant ainsi au quotidien… Dans la rue ou à
l’école, Mélusine « joue »
aussi, mais à être comme les autres ; elle possède
en effet un don déroutant avec lequel elle a appris à
composer : elle perçoit les pensées des autres, leur
« murmure de tête ». En classe primaire
ce pouvoir lui rendait plutôt service, elle pouvait pénétrer
les esprits des bons élèves, réussir facilement
les devoirs et donc « bluffer son instituteur ».
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Mais
elle vient d’entrer au collège et le grand nombre
d’élèves produit dans sa tête un
« constant vacarme », de quoi provoquer
de bonnes migraines. Elle n’arrive plus à canaliser
le déferlement des pensées de tous. En plus
le redoutable professeur de français, Monsieur B.,
installe comme un « étau » dans
l’esprit de Mélusine, l’empêchant
ainsi de contrôler son don de télépathie
! ! !
Modeste B. appartient en fait à une organisation mystérieuse,
une « Université Invisible » dont
le siège se trouve quelque part au-delà des
mers et des océans… Il a repéré
Mélusine et testé son « potentiel
», il l’a jugée digne d’intégrer
la grande école des « Penseurs »
! Mélusine est proprement enlevée, consentante
; parallèlement, toute trace de son existence antérieure
est effacée des dossiers et des mémoires...
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Maëlle
Fierpied emporte le lecteur petit à petit, en douceur, de
la réalité vers le fantastique, d’un collège
banal jusque dans une « Université » secrète.
Le roman comporte deux parties. Au cours de la première,
on suit Mélusine dans sa vie plutôt ordinaire, libre
et moderne, chez elle, chez son amie et à l’école.
Puis on assiste à son enrôlement et un rapport factuel,
en lettres blanches sur pages noires, relate les opérations
de destruction de son identité… La deuxième
partie raconte le réveil de Mélusine à «
l’Université Invisible » : l’élève
nouvellement intégrée fait connaissance avec d’autres
« Penseurs » qui tentent de la convaincre de
sa chance et de l’initier à sa nouvelle destinée.
Ici tous lui ressemblent, enfin presque, puisqu’il y a aussi
des « Voleurs » capables, par la pensée,
de déplacer des objets et même des êtres vivants…
L’auteur parvient à ménager le suspense et de
nombreuses questions surgissent dans l’esprit du lecteur :
est-il possible que Mélusine arrive à «
faire le deuil de ses parents », première épreuve
de ce nouveau monde ? Comment va-t-elle surmonter le «Vagalam
» ? Alioth Prince, son grand-père, qui s’est
rebellé au cours des opérations de désintégration
et dont la mémoire est restée intacte, peut-il lutter
indéfiniment contre les « brigades d’intervention
» ? Quand il parle de « régler ses comptes
», que veut-il dire au juste ? A-t-il déjà
eu affaire à « l’Université Invisible
», la considère-t-il comme une secte nuisible
? Quelle est la vocation de cette organisation qui semble récupérer
tous ceux qui possèdent des dons particuliers et dont un
des lieux les plus protégés est bizarrement une «
Grande Bibliothèque » poussiéreuse ?
Le lecteur a
ouvert avec plaisir Le réveil de Mélusine,
attiré par la couverture qui crée le mystère
: un titre de science-fiction, une adolescente habillée à
la fois de façon stricte et un peu folle, une cible aux teintes
bleues de l’espace, un symbole étrange fait d’étoiles…
Comment quitter ce roman ? On est fin prêt à accueillir
la suite… Décidément, Maëlle Fierpied a
trouvé une manière originale d’envoûter,
de surprendre, d’aviver la curiosité ; aurait-elle
un don elle aussi ? En tout cas, ce premier récit témoigne
d’un sacré « potentiel » d’imagination
et d’écriture, on en redemande !
Martine
Falgayrac
(juin 2004)
Martine
Falgayrac, enseignante en cycle 2 dans une école
élémentaire lyonnaise, est passionnée par l'apprentissage
de la lecture. Cherchant à en communiquer aussi le goût
et les plaisirs, elle puise dans la presse et la littérature
jeunesse des supports variés et attractifs pour accompagner
et motiver les enfants dans leurs découvertes. Elle collabore
activement à Sitartmag depuis décembre 2003.

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