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"j'avais
oublié à quel point il est difficile d'apprendre"
Il peut sembler
rébarbatif de se retrouver dans une salle de cinéma
à regarder un documentaire, d'avoir peut-être cette
sensation de se trouver devant son poste de télévision.
Mais ce sentiment peut être balayé d'un revers quand
l'histoire est soutenue, que les protagonistes sont dans leur rôle
(tout en n'étant pas des acteurs), quand l'équipe
de tournage a su s'effacer et devenir la lorgnette du spectateur
(à l'image de certains chef-d'oeuvres de la mythique série
documentaire Strip-Tease), que les repérages sont soignés
et réfléchis. Ce documentaire retrace la vie quotidienne
d'une école à classe unique qui regroupe tous les
enfants d'un même village, de la maternelle au CM2. "Et
puis, tant qu'à faire, si la classe pouvait être spacieuse,
lumineuse (il n'était pas question d'ajouter de l'éclairage),
et si les enfants avaient de bonnes têtes, cela n'était
pas de refus." ajoute Nicolas Philibert.
Dans Etre
et Avoir, on se retrouve plusieurs années en arrière,
quel que soit la période, à la place de ces jeunes
enfants qui représentent tous une part de nous-mêmes,
par exemple devant les devoirs du soir sous l'oeil attentif de cette
mère qui ne veut que le bien de son chérubin, mais
tenant toutefois une épée de Damoclès (ici
le revers de la main) prête à frapper à la moindre
erreur de calcul... Un calcul simple mais qui mobilisera toute la
famille, car rien n'est simple quand il faut le faire dans les règles
de l'art, sans oublier la retenue juste au-dessus des dizaines !
| Sont
montrés ici tous les moments ordinaires d'une vie de
classe, avec ses joies et ses pleurs mais toujours avec la proximité
presque parentale du professeur, autoritaire mais paternel,
face à ces élèves petits et grands. Se
développe la sensation que le temps s'est arrêté
dans cette petite école du Puy de Dôme ; mais la
vie continue, essentiellement pour les trois d'entre eux qui
partent au collège et également pour ce professeur
dont le sacerdoce va prendre fin (la retraite guette), visiblement
avec regret. Un film qui ne juge pas, mais qui offre un moment
salvateur au spectateur urbain, loin de ces préoccupations
pourtant essentielles, d'après Nicolas Philibert : "Avant
de faire ce film, je crois que j'avais oublié à
quel point il est difficile d'apprendre, mais aussi de grandir".
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R.
Anglio
(juin 2002)

http://www.etreetavoir.com
http://www.festival-cannes.org
http://www.france.diplomatie.fr/culture/france/cinema/documentaires/
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