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Espaces
fascinants
Le temps
d’une marche « en terrain pentu »,
le récit se fait méditation sur soi et sur son
rapport à la montagne ; car « la montagne
est pour le marcheur une terre qui ne ressemble à aucune
autre », et l’on peut se demander si la montée
vers le sommet relève de la fuite ou de l’attachement.
En tout cas, elle n’est ni un défi ni une conquête
(sinon de soi), et l’arrivée au cairn sommital
– ces pierres accumulées qui veillent immuablement
sur le paysage – est l’image même d’une
étape personnelle (« La marche, parabole
de la vie et posée au milieu d’elle»). |
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Cairns
est un beau livre à la fois pour son texte et pour les
photographies qui, ponctuant celui-ci, combinent le noir et
le blanc, l’ombre et la lumière, le mouvement et
l’immobilité, la suggestion et la netteté.
Le naturel et la simplicité des gestes du randonneur
vont de pair avec la richesse et la complexité de ce
qu’ils recèlent. Tout ce livre en témoigne.
Sur un sujet analogue, on lira avec plaisir Les
pas contés ; carnets de Cerdagne de Michel
Baglin. Un texte plus narratif, plus localisé, plus autobiographique,
qui joue sur les souvenirs et les évocations précises,
dans une confrontation de l’écriture et du vécu.
« Mes livres se succèdent, mais je sais que
je n’aurai encore rien dit aussi longtemps que je n’aurai
pas communiqué cet élan qui fond les mots et les
pas dans une même alliance ». |
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L’éditeur
nancéen La Dragonne publie dans le même esprit
que Cairns un bel ouvrage de Philippe
Claudel, chronique sensible et poétique, pleine de
l’eau du ciel et de la terre, pleine de grisaille et
de clarté, Quartier, illustré
par des photographies de Richard Bato. « Je ne retiens
en définitive que peu de choses des milliers de livres
lus, des milliers de tableaux, de sculptures contemplés,
des milliers de films que j’ai pu voir et de musiques
que j’ai pu entendre. […] Les lieux en définitive
m’ont toujours nourri davantage que les hommes et que
tout ce qu’ils peuvent écrire ou peindre. […]
Tourner dans le quartier, dans celui-ci ou un autre, d’ailleurs,
c’est toujours se cogner à soi-même et
rencontrer son image dans des miroirs de briques et des reflets
de vent».
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Jean-Pierre
Longre
(janvier 2008)
Jean-Pierre
Longre enseigne la littérature contemporaine
à l’Université Jean Moulin Lyon 3. Auteur d’études
sur divers écrivains du XXe siècle, collaborateur
de revues, il a participé à la publication des romans
de Queneau dans la Bibliothèque
de la Pléiade, s’intéresse à la comparaison
des arts (littérature, musique,
peinture) et effectue des recherches sur les littératures
francophones (Roumanie et Belgique
en particulier). Derniers ouvrages parus : Raymond Queneau
en scènes (Presses Universitaires de Limoges,
2005) et Jean
Prévost aux avant-postes (Collectif,
avec William Marx, Les Impressions Nouvelles).

http://www.editions-rhubarbe.com/
http://www.lekti-ecriture.com/editeurs/-La-Dragonne-.html
http://baglinmichel.over-blog.com
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