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Encore
ici mais déjà plus là
Prometteur.
Au dos de ce livret, on nous explique que Michael De Coke, auteur,
comédien et metteur en scène, écrit la plupart
du temps sur la base d’investigations journalistiques. En
l’occurrence, dans cet opuscule, il s’est lancé
dans un sujet douloureux ; celui des soins palliatifs et a donc,
comme à son accoutumée dans l’écriture
de ses pièces de théâtre, interrogés
moult personnes.
Déception à la lecture de ce monologue. Aucune émotion,
des faits rien que des faits. Cela dit si tel était son but,
c’est réussi. Ah c’est certain ce n’est
pas avec lui que l’on tombe dans une quelconque mièvrerie,
ni même une légère compassion. C’est la
fin de la vie, voilà, c’est tout. On nous dit qu’il
a « une écriture tout en finesse et avec un certain
humour empreint de tendresse ». La finesse, oui, c’est
bien écrit, quelques passages se répètent pour
mieux comprendre cette détresse, cette solitude de l’individu
qui sait que c’est foutu : « Chaque soir, je pense
: demain je le demande. Pour qui ou pour quoi je suis encore ici
? Et chaque matin, je pense de nouveau ; je vais attendre ce soir.
J’essaie cette phrase deux ou trois fois par jour. Pas trop
fort mais juste assez pour que je puisse l’entendre, pour
qu’au moins quelqu’un l’entende. ».
De l’humour… rarement ; la tendresse… je cherche
encore.
C’est froid, comme ce centre de soins palliatifs. Il évoque
les infirmières, la mort, les passagers de chambrées
qui partent les uns après les autres et les visiteurs qui
regardent la fenêtre et demande « ça va ? ».
Oui, on tombe dans l’absurde et cet homme s’identifie
au « ça » parce qu’il n’est plus
que ça, justement. Mais on ne peut que poser le mot évoquer,
cela manque de profondeur. L’auteur a interrogé des
gens en fin de vie, il n’a donc aucune excuse. C’est
beaucoup trop court, distant. Rien n’est marquant, mis à
part l’attitude des « vivants » qu’il snobe
parce qu’ils sont là, les mains croisées devant
la fenêtre et ne savent dire que « t’as vu
ce beau châtaignier ?» Rien sur la peur de mourir
ou l’envie de mourir, on s’attend à des émotions
alors que ces gens sont hors du temps, dans ce qu’il nomme
l’entretemps. On sait par ailleurs que d’aucuns vivent
cette période avec une grande joie ; ici, il y a un air d’asile
psychiatrique, une espèce de malaise à la lecture,
on ne sait pas bien où l’on est.
Trop court… peut être… mais s’il avait fait
plus long sur le même ton… inutile. Cela reste passable
mais ne restera pas dans les annales.
Apoline
Saybec
(mars 2008)
Apoline
Saybec est historienne de formation. Elle a été
rédactrice en chef d’un mensuel économique puis
généraliste. Journaliste en presse écrite,
elle est passionnée par l’être humain ; elle
aime autant l’histoire que l’actualité, la littérature
que le cinéma, la sociologie que la psychologie... Tout ce
qui permet de comprendre le monde qui l’entoure, de transmettre
ce qu’elle apprend ou ce qu’elle a vécu est le
terreau de son existence. S’évader, rêver, imaginer
au travers des livres… le voyage, dans tous les sens du terme,
est son moteur.

Publications
théâtrales
Du
même auteur :
C’est avec Saw it in television/DIDN’T UNDERSTAND,
monologue basé sur des interviews de réfugiés
et interprété par lui-même qu’il s’est
fait connaître.
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