re
: brahim Abdullah Ibrahim Remixed
Human
Radio Enders Rooms
Sonic
creen Nu Box
Après
avoir, depuis sa création en 1971, proposé toute
une gamme de productions consacrées à l’actualité
du jazz moderne be-bop et post bop, révélant notamment
nombre de musiciens européens, la firme allemande (l’une
des plus importantes compagnies européennes avec ECM,
Steeple Chase ou Timeless…) inaugure une nouvelle collection,
une série d’enregistrements de jazz électro…
ce qui pour beaucoup sera une surprise… (mauvaise peut-être,
principalement du côté des intégristes ronchon,
des anciens combattants du free et des négationnistes
obtus… qu’il y a aussi dans le jazz).
Il n’est pas question ici de soulever de nouveau le problème
quant à l’électro jazz ou jazz électro
: jazz ou pas ? ; comme dans toutes les sortes de musiques,
toutes catégories et tous styles, et au risque d’enfoncer
les clous et de se répéter : il y a la bonne et
la mauvaise musique… et foin de tout le reste…
 |
Dans
le premier disque, re : Ibrahim,
ce sont 9 DJ (de nationalités diverses) admirateurs
d’Abdullah Ibrahim
et de ses mélodies, de son groove, qui, en hommage
au compositeur, en proposent des lectures bien particulières,
à leurs différentes manières, mais
toutes singulièrement fort respectueuses des thèmes,
des atmosphères propres au compositeur, au pianiste.
A noter le solo très “davisien dernière
période" du trompettiste Shuichiro Sakaguchi
et les splendides versions de Mindif. Moins convaincante,
Sweet
Samba, presque
exclusivement rythmique boum boum. |
Human
Radio est le second album du groupe Enders
Room réuni autour du multi-instrumentiste Johannes
Enders, l’une des figures du Dub-Electro et Nu-Jazz de
l’école dite de Weilheim, petite ville d’Allemagne.
| Fusionnant
avec ingéniosité quelques éléments
du jazz basique (l’improvisation) et les electronics
mix, samples et autres computer programming, les neuf plages
donnent à entendre le leader aux saxophones ténor
ou baryton (la première plage Euphrat n’est
pas sans évoquer le India de John Coltrane),
la vocaliste Rebekka Bakken (un Behind the Mirror résolument
« jazz ») ainsi que le bassiste Ed Howard entendu
aux côtés de Bob Berg et de Shirley Horn. Nous
sommes ici en présence d’aventures remix en
proche périphérie du jazz. |
 |
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Sonic
Screen (Reiner Winterschladen, trompette ;
Alois Kott, basse ; Peter E. Eisold, batterie) est le fruit
du trio Nu Box connu il y une dizaine d’années
sous le nom de Blue Box.
Certainement le plus marqué par l’esthétique
du Miles Davis de Doo-bop, très « wave funk
», principalement sur la plage intitulée Swamp
Theme. Le trompettiste est talentueux en clone du génial
« honky-tonk man » (la formule est d’Alain
Gerber dans Miles Davis et le blues du
blanc chez Fayard). S’écoute avec intérêt
et plaisir… mais à choisir, mieux vaut l’original. |
En conclusion,
cette première incursion d’Enja ne peut (ne doit)
laisser personne indifférent… ensuite c’est
une question de choix et de goût, comme d’habitude…
en attendant les prochaines parutions.
Jacques
Chesnel
(mars 2005)
Jacques
Chesnel
est membre de l'Académie du Jazz. Auteur de "Le
Jazz en quarantaine" (Isoète), "Les Grands
Créateurs de Jazz" avec Gérald Arnaud (Bordas)
; auteur et consultant "jazz" pour l'Encyclopédie
Encarta sur CD-Rom. Peintre, il travaille depuis plus de trente
ans sur les rapports entre jazz et peinture.
(www.jazz-chesnel.com).

re
: brahim Abdullah Ibrahim Remixed
1/
Calypso Minor par DJ Explizit. 2/ Did You Hear That par Toshio
Matsuura. 3/ Ishmael par Stefan Rogall / Sonar Kollektiv. 4/
The Call par Dave Gene. 5/ Blues for a Hip King par Sascha Klammt.
6/ Mindif (version big band) par Philip Winter. 7/ Sweet Samba
par Christian Prommer. 8/ Damara Blue par Matthias Vogt. 9/
Mindif par DJ Spooky alias Paul D. Miller
http://www.harmoniamundi.com/
http://www.enjarecords.com/