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Comme
une vague immobile
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«
Ce livre que je suis en train d’écrire
Ressemble à un cri
A un rire, à offrir à l’autre rive
Ce livre ouvert à la solitude
Je l’offre au silence
Jusqu’à l’étouffement
De l’enfermement
De l’étranglement
De l’étranger à soi
A un autre… » |
L’Enfhomme,
recueil poétique du portugais Jorge Pereira, s’inscrit
dans une nouvelle collection des éditions Nuit Myrtide —
créée en 1990 par le lillois Dimitri Vazemsky, plasticien,
écrivain, voyageur et éditeur — «
compilation de traces » visuelles, sonores, tactiles
même, grâce à un papier doux et rugueux à
la fois, tels les souvenirs qui se rappellent à la mémoire
du poète, incisifs malgré la patine du temps.
Tranche posée
contre la paume, le livre souple s’ouvre, libérant
l’émanation de quatorze années d’écriture,
d’exil parisien, à errer dans la ville la nuit, «
stylo poignard » à portée de main, avec
le sentiment d’être enfermé « dans
un bocal mystérieux, posé dans un espace vide et silencieux
». Un silence assourdissant où la souffrance grince
comme un rouage et rappelle au poète qu’il est vivant.
Jorge Pereira
traîne le mal être d’un homme schizophrène,
hanté par son enfance — L’Enfhomme —, piégé,
empêché :
«
(…) A devenir absent
Je deviens un autre
Un hôte en sa demeure fantomatique
(…)
Pierre de souvenir
(…)
Je deviens fou de silence
Je me frappe la tête avec violence
Je place mon absence
En errance
En enfance »
Une enfance
portugaise, « terre lointaine, vague souvenir », qui
fait jaillir dans le gris parisien, «mers intimes »,
« odeurs marines », « tempêtes »,
« lune sans fin », « étoiles mortes »,
anges et démons.
Et le ressac
des souvenirs lèche chaque page en un poème, mots
sablonneux, empreintes, tentatives pour déjouer l’œuvre
du temps, qui lessive l’être, impitoyable, et l’efface
peu à peu : «Écrire » confie-t-il,
afin de « Rendre l’origine de mon âme
», donner corps au « fantôme »,
faire exister l’ « homme sans nom [qui] navigue
dans une mer noire/Avec la peur en guise de compagne ».
«
Je vous laisse
Seuls
Maintenant
Je vais me recueillir
Je vais me livrer
A la page blanche de l’avenir… »
Maïa
Brami
(juin 2006)
Née
en 1976, Maïa Brami
est écrivain — pour petits, moyens et grands! —
et journaliste. En parallèle aux ateliers d'écriture
dans les écoles et lycées, elle anime une chronique
hebdomadaire sur la littérature Jeunesse dans l'émission
Au fil des pages, diffusée sur les ondes de RCF.
Après un premier roman, Vis ta vie Nina (Grasset
Jeunesse, Prix Chronos 2002) elle a reçu en juin 2005 le
Prix Matti Chiva de l'Institut Danone pour un album, Goûte
au moins! (éditions Circonflexe).
Derniers titres paru : Mon arbre ami illustré par
Ingrid Monchy (Les albums Duculot, Casterman, 2005) et un roman,
Norma (Folies d'Encre, 2006)

Poésie
- divers articles
http://www.nuitmyrtide.com/
diffusion
http://loeildor.free.fr/diffusion.htm
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