de Daniel Burman

Sélection officielle aux Festivals de Venise, Rotterdam et La Rochelle
Prix du public à la Cita de Biarritz.

Argentine, 2000, durée 98mn
Sortie nationale le 12 septembre 2001


avec Daniel Hendler, Chiara Caselli, Stefania Sandrelli, Enrique Pineyro

Krach boursier à Hong Kong : une banque fait faillite à Buenos Aires. Le monde est un village (l'actualité récente est là pour nous le rappeler). La bourse qui périclite en Asie met au chômage Santamaria, employé de banque en Argentine. Perverse ubiquité. Les évènements s'enchaînent : sa femme le quitte, il perd son logement et sombre dans la misère et les petits boulots de survie. C'est dans des toilettes publiques que renaît un peu d'espoir ! Il y rencontre Elsa, son sourire triste, sa compassion et son sens de l'hospitalité.
Ailleurs dans la capitale, le jeune Ariel ressent le besoin de s'émanciper de sa famille juive et traverse une crise d'identité. Il trouve un nouveau travail comme monteur vidéo et fait équipe avec l'irrésistible Laura (Chiara Caselli d'une beauté diabolique). Mais cette dernière, qui vit en couple avec une amie, hésite entre les hommes et les femmes... Ces deux histoires, bien sûr, se croiseront au gré d'un hasard, comme seul le cinéma sait en organiser.

Second long métrage du jeune réalisateur argentin Daniel Burman, En attendant le messie est un film foisonnant et « pressé ». Des plans très courts montés à l'emporte pièce, de nombreuses ellipses et une nuée de personnages se juxtaposent dans un grand désordre et une volonté ostensible d'échapper à toute linéarité fictionnelle. Démarche louable et à bien des égards intéressante.
Cependant, à trop vouloir embrasser, Burman finit par mal étreindre. L'auteur se perd lui-même dans l'inflation de ses thèmes : la mondialisation, la misère, les identités sexuelle, familiale ou religieuse, etc.. Mais aussi dans l'accumulation de ses tentatives formelles : des images très esthétiques, d'autres volontairement pauvres et imprécises, l'incrustation d'écrans vidéos, etc.

Il manque au film un fil, un nerf, un rythme. Un léger ennui s'installe peu à peu chez le spectateur. Malgré d'indéniables moments de cinéma disséminés ici et là, la fable urbaine et contemporaine de Burman, trop ambitieuse, s'étiole.

Jean-Emmanuel Denave

 

http://fr.movies.yahoo.com/010918/42/1xypz.html

http://culture.coe.fr/Eurimages/100%20films/aspettando.htm