|
Tome premier
Comédien
et dramaturge, Elie Pressmann est l’auteur de 13 pièces,
que les Impressions Nouvelles ont prévu de publier intégralement
d’ici à décembre 2006 dans la collection «théâtre».
D’après le premier des quatre volumes annoncés,
l’entreprise est à la fois d’envergure et de
bon aloi.
Vlan
! est le dialogue ininterrompu (sauf, rarement, par
le passage de l’autobus 80, de l’autre côté
de la chaussée, ou par un peu de musique) de deux hommes,
un vieux et un jeune, qui attendent le « 08 couché
» (autobus de l’infini). Le premier est un homme de
l’Art, l’Art de tuer ; on ne compte plus ses œuvres,
dont le « vlan ! » réitéré
résume le caractère expéditif. Il raconte ses
souvenirs au second, qui l’écoute avec une admiration
naïve, et qui succédera avec empressement, couteau en
main, à son aîné.
 |
Le
titre de la seconde pièce, Quel temps est-il
?, ne laisse pas beaucoup de doutes sur le sujet
: trois couples représentant trois générations
(vieillesse, maturité, jeunesse) vont et viennent de
l’un à l’autre, dansent, dialoguent et
monologuent, se souviennent et anticipent, se confondent,
s’accrochent à la réalité et développent
leurs rêves en répliques poétiques…
Dans Parlez-moi d’amour, la
vie apparemment anodine d’une famille est perturbée
par l’arrivée d’Eva, mère de Léon,
père et grand-père du clan. Eva, déportée
à 30 ans, revient après 50 années sous
les traits de la jeune femme qu’elle était jadis,
puis sous d’autres masques, réveiller et révéler
chaque personnage en lui-même et dans ses relations
avec les autres. |
Le choix de
trois pièces différentes rassemblées en un
volume pourrait paraître arbitraire et éclectique.
Certes, les trois textes sont divers dans leur teneur et leur facture
(et la lecture s’en porte bien). Mais la plume d’Elie
Pressmann s’avère ainsi apte à mettre en valeur
des personnages et des situations d’une grande densité
théâtrale, et son écriture met en scène
sous un jour nouveau les grands sujets dramatiques, qui sont les
éternelles préoccupations humaines : le temps et le
vieillissement, la violence et la mort, la vie et le rêve,
le quotidien et la rêverie, les mensonges et les illusions,
les masques et la vérité, l’attente et l’action…
Cela sans oublier un sourire qui n’occulte pas la souffrance,
sans oublier les mythes (celui d’Œdipe est particulièrement
récurrent), sans oublier la mise en perspective et en question
du théâtre, où « même les morts
se relèvent pour venir saluer » et qui, sans dissiper
totalement le brouillard de l’existence, aide singulièrement
à l’assumer.
Jean-Pierre
Longre
(juillet 2005)
Jean-Pierre
Longre, enseignant en littérature du XXème
siècle à l'Université Jean Moulin Lyon 3, est
l'auteur d'une thèse sur Raymond
Queneau, de divers ouvrages, dont
Queneau en scènes
(PULIM, 2005), ou
articles sur des écrivains contemporains et sur la comparaison
des langages littéraire et musical. Il a participé
à l'édition des romans de Queneau dans la " Pléiade
", et effectue des recherches sur les littératures francophones
(Roumanie, Belgique, Québec).

http://www.christian-rullier.com/index_imp_nouv.php
http://www.lespierides.com/in/
|