Vlan !, Quel temps est-il ?, Parlez-moi d’amour (Théâtre, tome I)
Les Impressions Nouvelles, 2005

Tome 2 : parution décembre 2005


Tome premier

Comédien et dramaturge, Elie Pressmann est l’auteur de 13 pièces, que les Impressions Nouvelles ont prévu de publier intégralement d’ici à décembre 2006 dans la collection «théâtre». D’après le premier des quatre volumes annoncés, l’entreprise est à la fois d’envergure et de bon aloi.

Vlan ! est le dialogue ininterrompu (sauf, rarement, par le passage de l’autobus 80, de l’autre côté de la chaussée, ou par un peu de musique) de deux hommes, un vieux et un jeune, qui attendent le « 08 couché » (autobus de l’infini). Le premier est un homme de l’Art, l’Art de tuer ; on ne compte plus ses œuvres, dont le « vlan ! » réitéré résume le caractère expéditif. Il raconte ses souvenirs au second, qui l’écoute avec une admiration naïve, et qui succédera avec empressement, couteau en main, à son aîné.

Le titre de la seconde pièce, Quel temps est-il ?, ne laisse pas beaucoup de doutes sur le sujet : trois couples représentant trois générations (vieillesse, maturité, jeunesse) vont et viennent de l’un à l’autre, dansent, dialoguent et monologuent, se souviennent et anticipent, se confondent, s’accrochent à la réalité et développent leurs rêves en répliques poétiques…
Dans Parlez-moi d’amour, la vie apparemment anodine d’une famille est perturbée par l’arrivée d’Eva, mère de Léon, père et grand-père du clan. Eva, déportée à 30 ans, revient après 50 années sous les traits de la jeune femme qu’elle était jadis, puis sous d’autres masques, réveiller et révéler chaque personnage en lui-même et dans ses relations avec les autres.

Le choix de trois pièces différentes rassemblées en un volume pourrait paraître arbitraire et éclectique. Certes, les trois textes sont divers dans leur teneur et leur facture (et la lecture s’en porte bien). Mais la plume d’Elie Pressmann s’avère ainsi apte à mettre en valeur des personnages et des situations d’une grande densité théâtrale, et son écriture met en scène sous un jour nouveau les grands sujets dramatiques, qui sont les éternelles préoccupations humaines : le temps et le vieillissement, la violence et la mort, la vie et le rêve, le quotidien et la rêverie, les mensonges et les illusions, les masques et la vérité, l’attente et l’action… Cela sans oublier un sourire qui n’occulte pas la souffrance, sans oublier les mythes (celui d’Œdipe est particulièrement récurrent), sans oublier la mise en perspective et en question du théâtre, où « même les morts se relèvent pour venir saluer » et qui, sans dissiper totalement le brouillard de l’existence, aide singulièrement à l’assumer.

Jean-Pierre Longre
(juillet 2005)

Jean-Pierre Longre, enseignant en littérature du XXème siècle à l'Université Jean Moulin Lyon 3, est l'auteur d'une thèse sur Raymond Queneau, de divers ouvrages, dont Queneau en scènes (PULIM, 2005), ou articles sur des écrivains contemporains et sur la comparaison des langages littéraire et musical. Il a participé à l'édition des romans de Queneau dans la " Pléiade ", et effectue des recherches sur les littératures francophones (Roumanie, Belgique, Québec).

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