du 28 novembre au 16 décembre 2000

texte de Sophocle (-496/-406)
mise en scène : Emmanuel Meirieu

au Théâtre de la Croix Rousse, Lyon 4°
en tournée
24 et 25 avril 2001, Annecy
10 et 11 mai 2001, Chambéry

 

Avec : Sophie Cattani, Nicolas Gabion, Rudi Galiffi, Catherine Vial, Philippe Vincenot

L'adaptation de la pièce de Sophocle par Emmanuel Meirieu apparaît tout d'abord saugrenue et attise notre curiosité. Elle se révèle en fin de compte plutôt banale. Sophocle à la sauce western spaghetti, pourquoi pas ? Mais d'autres avant lui (en particulier Sergio Leone, cité au début de la pièce) ont usé des mêmes procédés : mettre en scène des intrigues s'inspirant du théâtre grec et fondées sur un schéma tragique ; meurtres en séries, vengeances familiales, rituels et fatalité, héros épique en action et morale triomphante ... tout y est.
Et pourtant, malgré l'omniprésence d'effets spéciaux, la luminosité poignante du décor et la présence d'Oreste le purificateur, l'ennui ne tarde pas à s'installer. L'esthétisme surfait de la mise en scène (poses figées des protagonistes, costumes clinquants au symbolisme appuyé...) et la musique lancinante soulignent la pauvreté de l'ensemble, et la faute en est surtout... au texte, auquel on nous promettait fidélité : Chrysothémis, la soeur d'Oreste et d'Electre, a disparu (et par la même occasion, le conflit entre les deux soeurs), le Coryphée, sensé représenter la conscience populaire, est incarné par un mexicain grotesque et lubrique et les souffrances d'Electre sont réduites aux soupirs calculateurs d'une cow-girl allumeuse.
Seul moment d'émotion pure, la prestation de Clytemnestre la meurtrière qui tente de justifier ses actes et qui demande à son fils de l'épargner, moment où l'on entrevoit l'aspect tragique de la condition humaine tel que Sophocle souhaitait la montrer. De la même façon, le cercle vicieux de la vengeance est parfaitement évoqué dans la (fausse ?) victoire d'Electre.
En réalité, l'adaptation pourrait fonctionner sans parodie ou effets comiques qui seraient davantage à leur place chez Aristophane. Autant la trilogie des Chimères Amères vibrait de provocation et d'inventivité, autant on regrettera cette adaptation sans imagination. Certaines libertés se justifient amplement au théâtre, art mouvant par excellence (en témoigne l'excellent Richard III monté par Philippe Vincent), mais au théâtre comme au cinéma, il s'avère que les remakes ne sont pas toujours nécessaires.

Blandine Longre


Voir aussi Les chimères Amères (Mai 2000)

au Théâtre de la Croix Rousse, Lyon 4°
renseignements et location : 04 72 07 49 50



Sophocle et Electre
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Eschyle, Sophocle, Euripide
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Le théâtre de la Croix-Rousse
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