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Avec : Sophie
Cattani, Nicolas Gabion, Rudi Galiffi, Catherine Vial, Philippe
Vincenot
L'adaptation
de la pièce de Sophocle par Emmanuel Meirieu
apparaît tout d'abord saugrenue et attise notre curiosité.
Elle se révèle en fin de compte plutôt banale.
Sophocle à la sauce western spaghetti, pourquoi pas ? Mais
d'autres avant lui (en particulier Sergio Leone, cité au
début de la pièce) ont usé des mêmes
procédés : mettre en scène des intrigues
s'inspirant du théâtre grec et fondées sur
un schéma tragique ; meurtres en séries, vengeances
familiales, rituels et fatalité, héros épique
en action et morale triomphante ... tout y est.
Et pourtant, malgré l'omniprésence d'effets spéciaux,
la luminosité poignante du décor et la présence
d'Oreste le purificateur, l'ennui ne tarde pas à s'installer.
L'esthétisme surfait de la mise en scène (poses
figées des protagonistes, costumes clinquants au symbolisme
appuyé...) et la musique lancinante soulignent la pauvreté
de l'ensemble, et la faute en est surtout... au texte, auquel
on nous promettait fidélité : Chrysothémis,
la soeur d'Oreste et d'Electre, a disparu (et par la même
occasion, le conflit entre les deux soeurs), le Coryphée,
sensé représenter la conscience populaire, est incarné
par un mexicain grotesque et lubrique et les souffrances d'Electre
sont réduites aux soupirs calculateurs d'une cow-girl allumeuse.
Seul moment d'émotion pure, la prestation de Clytemnestre
la meurtrière qui tente de justifier ses actes et qui demande
à son fils de l'épargner, moment où l'on
entrevoit l'aspect tragique de la condition humaine tel que Sophocle
souhaitait la montrer. De la même façon, le cercle
vicieux de la vengeance est parfaitement évoqué
dans la (fausse ?) victoire d'Electre.
En réalité, l'adaptation pourrait fonctionner sans
parodie ou effets comiques qui seraient davantage à leur
place chez Aristophane. Autant la trilogie
des Chimères Amères vibrait de provocation
et d'inventivité, autant on regrettera cette adaptation
sans imagination. Certaines libertés se justifient amplement
au théâtre, art mouvant par excellence (en témoigne
l'excellent Richard III monté
par Philippe Vincent), mais au théâtre comme au cinéma,
il s'avère que les remakes ne sont pas toujours nécessaires.
Blandine
Longre
Voir
aussi Les chimères Amères
(Mai 2000)
au
Théâtre de la Croix Rousse, Lyon 4°
renseignements et location : 04 72 07 49 50
Sophocle et
Electre
http://www.espacego.com/99-00_electre_biographie_sophocle.html
http://www.denise-pelletier.qc.ca/fiches/auteurs/sophocle.html
Eschyle,
Sophocle, Euripide
http://www.espacego.com/99-00_electre_biographie_sophocle.html
Le théâtre
de la Croix-Rousse
http://www.croix-rousse.com/
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