John Abercrombie
The third quartet (ECM 1993)
John
Abercrombie (guitares), Mark Feldman (violon), Marc Johnson
(contrebasse), Joey Baron (batterie)
1/ Banshee. 2/ Number 9. 3/ Vingt six. 4/ Wishing Bell. 5/ Bred.
6/ Tres 7/ Round trip. 8/ Epilogue. 9/ Elvin. 10/ Fine Enregistré
en juin 2006
Une
délicate morosité
Avec ce quartette dont c’est le troisième album
(après Cat’ n’ Mouse en 2000 et
Class trip en 2002), John Abercrombie persévère
dans cette forme de musique de chambre improvisée sur
des compositions personnelles (hormis Round trip du saxophoniste
Ornette Coleman et Epilogue du pianiste Bill Evans), le guitariste
se définissant lui-même comme « a traditionnalist
and a free player ».
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A
part quelques thèmes sur tempo plutôt vif
(Tres, Round trip), l’ambiance générale
est surtout élégamment élégiaque,
parfois d’une réelle morosité ponctuée
d’éléments percussifs ou d’éclairs
guitaristiques rompant avec la monotonie dominante. On
notera surtout le superbe solo en re-recording de guitare
acoustique et la flamboyance de l’accompagnement
de Joey Baron. Le jeu de Mark Feldman, à l’opposé
des fioritures ou dentelles grappelliennes, évoque
par sa sonorité et sa tension celui de Ray Nance
(violoniste mésestimé dans l’orchestre
de Duke Ellington) dont on disait pis que pendre à
une époque heureusement révolue. |
Tord Gustavsen
Being there (ECM 2017)
Tord
Gustavsen (piano), Harald Johnsen (contrebasse), Jarle Vespestad
(barrerie)
1/ At home. 2/ Vicar street. 3/ Draw near. 4/ Blessed feet.
5/ Sani. 6/ Interlude. 7/ Karmosin. 8/ Still there. 9/ Where
we went. 10/ Cocoon. 11/ Around you. 12/ Vesper. 13/ Wide open.
Enregistré en décembre 2005
La
beauté rêveuse de la mélodie
Ce
nouvel album débute par des effleurements sur les touches
du piano comme au bord du silence dans un climat de lenteur
continue, l’esquisse d’une mélodie qui se
fait attendre et qui prend forme peu à peu. On est bien
ici dans la continuité des ses précédents
albums Changing Places (2001-2002) et The
Ground (2004). La plupart des interprétations
se situent dans un univers de recueillement (sauf Blessed
feet et Sani faisant penser au Facing you
de Keith Jarrett) sinon de spiritualité telle que
l’évoque des titres comme Vicar street
et Vesper, et ce sans aucun maniérisme comme
souvent dans ce genre d’approche.
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Il y a dans le jeu du pianiste une amplitude, une sérénité
et une intensité constantes que soutiennent des
accompagnateurs (peut-on dire accompagnateurs ?) en parfaite
osmose avec le leader : la contrebasse au son majestueux
à la Charlie Haden de Harald Johnsen, la batterie
fourmillante de Jarle Vespestad, pour un swing tranquille.
Ce voyage dans une sorte de « romantisme minimaliste»
(une des expressions de Tord) se clôt par une superbe
plage ce Wide open résonant comme un moment
plus jubilant, comme une espérance, une quête,
une offrande à la beauté pure.
Un superbe disque d’un grand dépouillement/raffinement
mélodique qui touche au plus profond de nous-même.
OUI, décidément, on aime. |
Eberhard Weber
Stages of a long journey (ECM 1920)
Eberhard
Weber (basse, arrangements), Jan Garbarek (saxophone soprano
et tenor), Gary Burton (vibraphone), Rainer Brüninghaus
et Wolfgang Dauner (piano),
Marilyn Mazur (batterie), Reto Weber (percussions), Nino G.
(boîte à rythmes), SWR Radio Symphony Orchestra
de Stuttgart direction Roland Kluttig
1/ Silent feet. 2/ Syndrome. 3/ Yesterdays. 4/ Seven movements.
5/ The Colors of Chloë. 6/ Piano transition. 7/ Maurizius.
8/ Percussion transition 9/ Yellow fields. 10/ Hang around.
11/ The last stage of a long journey.
12/ Air. Enregistré en mars 2005
Les
différentes couleurs d’un anniversaire
Il
s’agit là du premier album “live” jamais
enregistré pour ECM par le bassiste et son premier en
tant que leader pour ce label depuis Endless day paru
en 2000. Ce concert fut donc enregistré à l’occasion
du 65ième anniversaire d’Eberhard Weber, en 2005,
au Theaterhaus de Stuttgart, sa ville natale, réunissant
pour l’occasion d’anciens partenaires de ses diverses
formations dont les plus prestigieux Gary Burton, Jan Garbarek
ainsi que le pianiste Rainer Brüninghaus. Au cours de sa
Birthday suite, le bassiste (qui joue, rappelons-le,
sur une basse électrique à cinq cordes) interprète
son plus grand succès The Colours of Chloë
en 1973, version hélas plombée par le grand orchestre
(lourdement et pompeusement pompier) dans laquelle Garbarek
abandonne son soprano et sa sonorité étriquée
pour le ténor où il excelle, en un trop court
solo ; dans le Yesterdays de Jerome Kern, E.W. joue
en duo avec le fin pianiste Wolfgang Dauner qu’on n’entend
plus très souvent, dommage.
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Comme
c’est la cas très (trop ?) souvent, le mariage
entre solistes et grande formation de type classique (carpe
et lapin) ne se consomme pas avec tout le bonheur souhaité
; n’est pas Vincent Artaud qui veut.
Les musiciens avaient l’air heureux, le public aussi.
Bravo.
En cette année 2007, Eberhard Weber sera en tournée
au sein du Jan Garbarek Group ; sans le grand orchestre.
Tant mieux. |
Jacques
Chesnel
(juin 2007)
Jacques
Chesnel, membre démissionnaire de l'Académie
du Jazz, est l'auteur de plusieurs ouvrages sur le jazz dont
Le Jazz en quarantaine, 1940-1946 (Isoète) et
Les Grands Créateurs de Jazz avec G.Arnaud (Bordas)
; il a été consultant et auteur pour l'Encyclopédie
Encarta sur CD-Rom.
Peintre, il prépare une rétrospective de 50 années
de peintures inspirées par le Jazz.
www.jazz-chesnel.com

http://www.ecmrecords.com