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Une rencontre
au sommet entre deux briscards du blues urbain, le chanteur/harmoniciste
Snooky Pryor, l'un des créateurs du Chicago blues,
l'un des tous premiers à avoir amplifié son harmonica
à la fin des années quarante, et qui connaît
encore aujourd'hui un franc succès grâce à des
albums de qualités (en particulier Can't Stop Blowin,
Electro-Fi), et le chanteur guitariste Mel Brown, (re)découverte
de l'année 2000 avec son superbe CD Neck
bones & caviar (Electro-Fi).
Duel fratricide
entre ces deux bluesmen qui avait déjà eu l'occasion
de "se tirer la bourre" au début des années
80 au fameux Antone's club d'Austin ? Au contraire, règne
sur ce CD une homogénéité et une complémentarité
des plus remarquables malgré un répertoire manquant
singulièrement d'originalité ; les deux compères
n'en ont cure et chacun y va de ses vocaux vécus, rugueux,
déchirants de vérité, et de son solo rageur,
l'un nous distillant des chorus de guitare aux phrasés ingénieux
et d'une rudesse incommensurable, l'autre s'époumonant sur
son harmonica comme aux plus belles heures du Chicago blues. Si
on se serait largement passé des bouche-trous Snooky &
Mel boogie, et Rock this house, le reste de l'album relève
du travail d'orfèvre à commencer par les terriens
Dirty rat, Early in the morning, le funky Ruby mae, les
blues lents à ras de terre That's all right, Ease my mind,
Big leg woman ou encore le dépouillé Work 'til
my days are gone qui clôture un album ou chacune des (nombreuses)
reprises reprend des couleurs sous l'effet conjugué de ses
deux vieux loups de mer.
Du blues à
l'ancienne, chargé d'émotion, attestant de la belle
santé des deux bluesmen, surtout d'un Snooky Pryor approchant
les 80 ans et toujours doté de cette formidable voix qui
tendrait à se bonifier au fil des ans !
Régis
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