Dans le ventre des dames...
Didier Jeunesse, 2003

 

Un livre que l’on peut découvrir à l’envers et à l’endroit, qui apporte ainsi deux réponses différentes : « Dans le ventre des dames, des fois, il y a un bébé… » et « … des fois, il n’y a pas de bébé… ». Les dessins sont esquissés, de légers traits noirs suggérant des formes, rondes dans l’ensemble. Le dessin de couverture, un couple qui s’embrasse dans un cercle rempli d’une lune rouge et auréolée d’une étoile rose, est repris pour expliquer la « plantation » du bébé, cette « graine ». Les grains semés par le monsieur prennent le chemin du souterrain qui vont dans la maison ronde de la dame, et rencontrent ainsi l’œuf qui les attend. S’ils « se plaisent » ce sera une graine de bébé qui reprendra « tête en bas » le chemin du souterrain, il pourra alors rencontrer ses parents.
Dans la seconde version, la lune qui auréole les parents est rose, et l’étoile rouge…Pourquoi n’y a t’il pas de bébé dans le ventre de la dame ? « Parce qu’elle n’a pas trouvé le monsieur avec qui le fabriquer. Parce qu’ils ne se sont pas décidés… ». Alors, la maison ronde est vide. L’ovulation est évoquée par des « coussins rouges » qui attendent que la graine du monsieur vienne rencontrer l’œuf de la dame, s’ils « deviennent sang » ils ne rencontrent pas de graine. Mais de « nouveaux coussins » attendront que les parents se décident.
A la fin des deux « possibilités » énoncées par l’auteur, deux phrases concluent « Et c’est comme ça que peuvent pousser les bébés » puis « Et c’est comme ça qu’on naît »… Ces deux épilogues se juxtaposent comme les deux versions d’une même entité.

L’ouvrage est audacieux car le sujet est sensible. En effet, comment parler de la « petite graine » sans tomber dans la mièvrerie et le surfait ? Malika Doray évoque la grossesse de façon pragmatique, et traite également avec humour et délicatesse « l’absence » de bébé, si difficile à évoquer. Souhaitons que les parents et les enfants trouvent en cet ouvrage un outil de communication, indispensable sur cette thématique.

C. Genin
(mars 2004)

Cendrine Genin, après des études de philosophie et de lettres, a suivi une formation de libraire ; une passion totale pour la littérature jeunesse ainsi que pour la danse l’ont incitée à collaborer à Sitartmag, depuis 2000 ; l'écriture est son autre domaine de prédilection et elle compte pouvoir prochainement faire partager son univers à de jeunes lecteurs.

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