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Avec ce
court roman, Don DeLillo se lance dans une aventure littéraire
très particulière : il y dévoile une
précision de miniaturiste, un goût pour d'infimes
détails qui façonnent le quotidien, où
l'objet ou l'événement le plus insignifiant
se pare d'une insondable profondeur.
Lauren Hartke est une "body artist", une artiste
dont le corps est matériau, véhicule et oeuvre
d'art tout à la fois. Après la mort soudaine
de son mari, Rey, elle choisit de continuer à vivre
dans la maison qu'ils louaient sur une côte désolée,
s'isolant ainsi du monde et de la réalité, se
verrouillant dans ses pensées et ses obsessions ; elle
vit ainsi comme engourdie, suspendue dans un temps parallèle.
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Cette sensation
s'accentue lorsqu'un jour, elle s'aperçoit qu'elle ne vit
pas seule dans cette vieille demeure : cette découverte ne
provoque aucune peur en elle, et ne marque nullement le début
d'un thriller bien classique ; au contraire, Lauren éprouve
une curiosité morbide et compatissante pour cet être
clandestin, qui lui aussi vit dans une autre réalité
et posséde un don fascinant : un langage qui ressemble à
une longue et inépuisable litanie.
Dans ce récit nimbé de mystère, l'auteur parvient
miraculeusement à transmettre le flux des pensées
de Lauren Hartke, tout en maintenant, grâce à l'atmosphère
irréelle qui imprègne tout, une distance entre le
lecteur et cette femme. La minutie avec laquelle les gestes ou les
pensées les plus anodins sont décrits, voire disséqués,
tranche, mais sans brutalité, avec l'apparition de l'irréel,
incarné par cet homme sans nom ; un fou ou un sage, une créature
peut-être imaginaire qui aide pourtant Lauren à faire
son deuil, d'une bien étrange façon.
B.
Longre
(février 2002)

http://www.simonsays.com
http://www.simonsays.com/excerpt.cfm?isbn=0743203968
http://www.salon.com/people/bc/2001/10/23/delillo/?x
http://www.ksu.edu/english/nelp/delillo/
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