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Quand
on pense à André Dhôtel, c’est
Le pays où l’on n’arrive jamais (prix
Femina 1955) qui d’emblée vient à l’esprit,
alors que le discret écrivain des Ardennes est l’auteur
de nombreux autres livres (romans, contes, nouvelles, recueils poétiques,
pièces de théâtre, essais...). Les six nouvelles
rassemblées ici contribuent à réparer cette
injustice, six nouvelles publiées séparément
entre 1958 et 1985 dans la NRF.
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«
Un adieu, mille adieux », « L’arc-en-ciel
», « Nausicaa », « La route »,
« La grande allée », «On raconte...
» : la seule énumération des titres
résume l’atmosphère et les grands ensembles
thématiques qui caractérisent ces récits
: la nature, le mystère, les déplacements, la
parole, les rencontres, les séparations... On retrouve
là ce qu’il y a de profondément humain dans
l’œuvre d’André Dhôtel, un humain
qui n’exclut ni l’étrange ni la marginalité.
Les protagonistes se situent pour la plupart d’entre eux
hors du conformisme ambiant, non par choix délibéré,
mais par hasard et par nature : fidèles à eux-mêmes,
ils se comportent souvent comme s’ils n’étaient
pas concernés par le fonctionnement de la société,
ou tout simplement par les normes collectives. |
Plus proches
de la nature que du progrès, ils sont porteurs d’une
poésie que renforce leur étroite intimité avec
certains lieux (une route, une colline, une clairière...).
Et par un surcroît de bizarrerie, mais une bizarrerie qui
s’avère plus apparente que réelle, ils accèdent
aux vrais sentiments (d’amour ou d’amitié) par
l’indifférence – une indifférence qui,
selon le sens propre du mot, efface les différences et rapproche
les êtres voués, par un hasard extraordinaire, à
se rencontrer.
Conformément
aux exigences de la collection « La bibliothèque Gallimard
», destinée aux élèves de l’enseignement
secondaire, le texte s’accompagne d’un dossier méthodique
et fourni. La démarche pédagogique de Jean
Bardet est à la fois claire et approfondie, mettant
à la portée des jeunes lecteurs les exigences de la
recherche et de l’analyse littéraires, aussi bien sur
le plan de la thématique que sur celui des aspects formels.
Il y a même une esquisse d’étude génétique,
avec reproduction d’une page manuscrite, ce qui n’est
pas négligeable.
Jean-Pierre
Longre
(Juillet 2003)
Jean-Pierre
Longre,
enseignant en littérature du XXème siècle à
l'Université Jean Moulin Lyon 3, est l'auteur d'une thèse
sur Raymond Queneau,
de divers ouvrages ou articles sur des écrivains contemporains
et sur la comparaison des langages littéraire et musical.
Il a participé à l'édition des romans de Queneau
dans la "Pléiade", et effectue des recherches sur les littératures
francophones (Roumanie, Belgique, Québec).

http://www.gallimard.fr
http://buweb.univ-angers.fr/EXTRANET/AndreDHOTEL/andredhotel.html
http://www.kc3a.com/ecrivains_dhotel/index.php
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