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20 nouvelles
de Ayerdhal, Gregory Benford, Orson Scott Card, Sylvie Denis,
Jean-Claude Dunyach, Andreas Eschbach, Valerio Evangelisti, Joel
Houssin, Serge Lehman, Paul J. McAuley, Robert Silverberg, Norman
Spinrad et Roland C. Wagner
Décembre
2999. La terre n'est plus qu'une gigantesque décharge peuplée
d'infirmes mentaux qui se divisent en catégories relevant
de la psychiatrie (les schizos, les phobiques, les hystériques...)
La cruauté cauchemardesque qui règne sur cet enfer
urbain est régulée depuis la lune par des psychiatres
débordés qui eux aussi, semblent avoir perdu tout
semblant d'humanité. Le cadre est planté pour Paradi
(de V. Evangelisti), l'une des nouvelles les plus terrifiantes de
cette anthologie intercontinentale qui réunit vingt auteurs
qui pour la circonstance, ont livré une nouvelle inédite
afin de célébrer l'an 2001 à leur façon
: puisque "demain, c'est désormais aujourd'hui"
et "même si la science-fiction n'a jamais fait, au
fond, que parler du présent, elle est passée par l'imaginaire",
les écrivains se sont proposés d'imaginer l'an 3001.
A travers des récits futuristes, les auteurs de science-fiction
n'ont eu de cesse de dénoncer ou décrire les dysfonctionnements
politiques, sociaux et scientifiques du présent, tout en
laissant libre cours à leur imagination.
Tel est le cas de Paradi (contre les effets pervers
d'une approche purement biologique des troubles mentaux) ou de la
nouvelle de S. Lehman, Le temps des Olympiens, dans
laquelle l'auteur aborde le thème du pouvoir absolu, dans
une sorte de chronique historique aux résonances mythiques
(on pense bien sûr à Dune de F. Herbert). De
même, A. Eschbach, en reprenant le thème de l'hibernatus
(un homme congelé en 2000 et réveillé en 3000,
guérit de son cancer), élabore une terrible réflexion
sur le rôle du virtuel qui laisse le lecteur en suspens (Le
Semeur de cauchemars).
Un élément que l'on retrouve dans la majorité
des récits demeure la terre mère (comme Notre
mère qui dansez de Nancy Kress). Souvent lointaine
et abandonnée mais omniprésente dans l'esprit des
exilés, elle représente le dernier repère auquel
les hommes du futur semblent attachés. Représentée
comme un monde utopique dans Millenium Express de
R. Silverberg (pourtant secoué par d'étranges attentats)
elle ploie aussi sous le poids de milliards d'humains destructeurs
(dans Notre Terre de Ayerdhal), les catastrophes écologiques
inspirant nombre d'auteurs.
D'autres nouvelles, alarmantes et plus cocasses, amuseront ceux
qui sont avides de découvrir ce que l'imagination des auteurs
a pu créer dans le domaine de la vie quotidienne de nos potentiels
descendants ; L'épineux problème de la tête
à grand-mère (de Karen Haber) en est un parfait
exemple. D'autres auteurs se sont amusés à brouiller
les pistes en introduisant des personnages historiques (ou plutôt
leur clones) comme Einstein, Hemingway et Picasso (dans Millenium
Express) ou encore Marx, Bouddha et Descartes (Entités,
de Norman Spinrad).
Une entreprise plutôt réussie qui ravira les passionnés
autant que les amateurs, la diversité des thèmes et
des récits permettant la découverte d'un genre qui
inspira de grands auteurs (de H.G. Wells à Caleb Carr, en
passant par Asimov et Orwell), et que l'on ne peut considérer
comme mineur.
B.
Longre

Robert
Silverberg
http://perso.infonie.fr/fbeurg/silverbe.htm
http://perso.club-internet.fr/branchum/silverberg.htm
Le
cafard cosmique
http://www.cafardcosmique.com/
Mars
et la science-fiction
http://www.multimania.com/starmars/
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