Séraphine
L'Ecole des loisirs, 2005
collection Médium
à partir de 12 ans

 

 

 

Une fable sociale et humaniste.

Paris, 1885, la Butte Montmartre. Le père Jules Sarrault veille sur Séraphine depuis sa naissance. Sa mère a rendu son dernier souffle à l’hospice qui l’hébergeait, devant le pauvre prêtre ébahi qui, voyant l’âme s’échapper de ce corps inerte, se sentit dès lors redevable de se charger d’élever l’enfant. En âge de travailler, Séraphine est confiée à Jeanne, une couturière dont elle devient l’apprentie, surveillée par sa tante Charlotte : «et voilà comment je me suis retrouvée gamine à Montmartre, à grandir sous la tutelle de Jeanne, et sous la protection lointaine d’un curé et d’une courtisane ».
Pour se protéger de la vie, Séraphine prie avec dévotion sainte Rita, matrone des causes désespérées. Le drame survient quand elle déclare ne pas aimer la couture : que va t-elle devenir ? Son insolence ne la met pas à l’abri, son ambition et sa soif de liberté lui font entrevoir la possibilité d’un monde meilleur. Mais grâce à ses prières, elle va trouver un emploi de serveuse dans un bar de la Butte.

C’est aussi l’époque de la Commune, des fantômes de la révolution, des interrogations de Séraphine sur son passé, ses parents disparus, et tous ces mystères que fait Jeanne quand il s’agit d’en parler…
L’histoire se dénoue comme un écheveau de laine, chaque personnage reprend sa place dans la trame. Et l’enfant fait une ultime prière à sa sainte : « votre visage était penché sur moi comme celui d’une mère. Je voyais très bien l’épine plantée au milieu de votre front, mais vous n’aviez pas l’air d’en souffrir. J’ai été très heureuse de savoir que vous logiez derrière mes yeux fermés, et non dans les nuages où je ne vous vois jamais. Ainsi, vous dedans, moi dehors, nous irons ensemble et il sera bien difficile de nous séparer ».

Le ton alerte de ce récit donne une force et une présence aux personnages, restaurés dans un climat d’époque, d’un Paris souvent méconnu. Comme à l’accoutumé, l’écriture vivante, vibrante de Marie Desplechin apporte à l’ensemble un ton vif et réaliste.

Cendrine Genin
(août 2005)

Cendrine Genin, après des études de philosophie et de lettres, a suivi une formation de libraire ; une passion totale pour la littérature jeunesse ainsi que pour la danse l’ont incitée à collaborer à Sitartmag, depuis 2000 ; l'écriture est son autre domaine de prédilection et elle compte pouvoir prochainement faire partager son univers à de jeunes lecteurs.

du même auteur : Elie et Sam (L'Ecole des loisirs, 2004)

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