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Une
fable sociale et humaniste.
Paris,
1885, la Butte Montmartre. Le père Jules Sarrault veille
sur Séraphine depuis sa naissance. Sa mère a rendu
son dernier souffle à l’hospice qui l’hébergeait,
devant le pauvre prêtre ébahi qui, voyant l’âme
s’échapper de ce corps inerte, se sentit dès
lors redevable de se charger d’élever l’enfant.
En âge de travailler, Séraphine est confiée
à Jeanne, une couturière dont elle devient l’apprentie,
surveillée par sa tante Charlotte : «et voilà
comment je me suis retrouvée gamine à Montmartre,
à grandir sous la tutelle de Jeanne, et sous la protection
lointaine d’un curé et d’une courtisane ».
Pour se protéger de la vie, Séraphine prie avec dévotion
sainte Rita, matrone des causes désespérées.
Le drame survient quand elle déclare ne pas aimer la couture
: que va t-elle devenir ? Son insolence ne la met pas à l’abri,
son ambition et sa soif de liberté lui font entrevoir la
possibilité d’un monde meilleur. Mais grâce à
ses prières, elle va trouver un emploi de serveuse dans un
bar de la Butte.
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C’est
aussi l’époque de la Commune, des fantômes
de la révolution, des interrogations de Séraphine
sur son passé, ses parents disparus, et tous ces mystères
que fait Jeanne quand il s’agit d’en parler…
L’histoire se dénoue comme un écheveau
de laine, chaque personnage reprend sa place dans la trame.
Et l’enfant fait une ultime prière à sa
sainte : « votre visage était penché
sur moi comme celui d’une mère. Je voyais très
bien l’épine plantée au milieu de votre
front, mais vous n’aviez pas l’air d’en
souffrir. J’ai été très heureuse
de savoir que vous logiez derrière mes yeux fermés,
et non dans les nuages où je ne vous vois jamais. Ainsi,
vous dedans, moi dehors, nous irons ensemble et il sera bien
difficile de nous séparer ». |
Le
ton alerte de ce récit donne une force et une présence
aux personnages, restaurés dans un climat d’époque,
d’un Paris souvent méconnu. Comme à l’accoutumé,
l’écriture vivante, vibrante de Marie Desplechin apporte
à l’ensemble un ton vif et réaliste.
Cendrine
Genin
(août 2005)
Cendrine
Genin,
après des études de philosophie et de lettres, a suivi
une formation de libraire ; une passion totale pour la littérature
jeunesse ainsi que pour la danse l’ont incitée à
collaborer à Sitartmag, depuis 2000 ; l'écriture est
son autre domaine de prédilection et elle compte pouvoir
prochainement faire partager son univers à de jeunes lecteurs.

du même
auteur : Elie et Sam (L'Ecole des loisirs,
2004)
http://www.ecoledesloisirs.fr
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