La
quête du mouvement, le nouveau Graal
designFLUX
est d’abord un concept bien pensé : un magazine sous
la forme d’un DVD, donc ludique, et diversifiant le genre
du magazine papier, ce dernier connaissant lui-même un certain
renouveau, voire même un renouveau certain (qu’on pense
par exemple à Chronic’art, qui sort sa version
papier glacé ou encore à Tsim Tsoum, qui
passe là aussi du net au format papier). Tout pousse à
croire que le remède contre le développement parfois
anarchique (libre, rétorquerons certains) de l’écrit,
de la musique et de la vidéo sur Internet reste, comme le
constate Michel Gondry, la possession de l’objet livre et
du DVD. Pourquoi ne pas évoquer le CD ? Parce que, dixit
toujours Michel Gondry, l’avenir du CD, ce serait justement
le DVD qui a l’avantage de proposer des bonus, ces petits
plus qui font le maximum (et la différence) et qui rendent
l’objet DVD si attrayant.
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Chaque
numéro de designFLUX (trois
au compteur) expose son point de vue sur la scène européenne
du motion design qui regroupe, entre autres pratiques, le
VJaying, la réalisation de films d’animations
(3D notamment), de clips vidéo ou publicitaires, sans
oublier l’art contemporain qui fait ses choux gras du
motion design et de la vidéo d’une façon
générale… Chaque trimestre, designFLUX
apporte son éclairage sur des écoles ou des
studios d’animation graphique, des interviews de motion
designers expliquant la réalisation des films d’animations
ensuite présentés. C’est cet échantillonnage
qui fait son originalité. Point d’exhaustivité
sur un champ d’activités par ailleurs mouvant
et en pleine ébullition — écoutez, ça
fait ploc. |
Au programme
de ce numéro : une visite de la section animation de la fameuse
école des Gobelins dont les élèves
préparent, entre autres, l’ouverture du festival du
film d’animation d’Annecy, une rencontre avec le studio
d’animation londonien Aka, connu comem étant
« one of the best animation studios today »,
une intrusion dans les locaux du collectif parisien No Brain
(réalisateurs d’un magnifique clip poético-gothique
pour Emilie Simon inspiré de L’étrange Noël
de Monsieur Jack de Tim Burton et de divers spots publicitaires,
tous plus créatifs les uns que les autres) et, last but
not least, une interview « exclusive » de Michel
Gondry qu’on ne présente plus. Si ? Bon, mais
alors rapidement : auteur de multiples clips pour les White Stripes,
Kylie Minogue, Bjork, les Daft Punk, les Rolling Stones ou encore
les Foo Fighters, Michel Gondry est aussi réalisateur de
longs métrages dont le « mémorable » Eternal
sunshine of the spotless mind, qui aborde le thème du
souvenir suivant une structure narrative époustouflante,
plus travaillée encore que celle du Memento de Christopher
Nolan. C’est donc l’occasion de l’entendre une
nouvelle fois parler de l’un des moteurs de son travail :
ses angoisses et ses doutes. Comment, pour faire un clip, intégrer
et ingérer une musique linéaire (algébrique,
donc), avec un début et une fin ? Michel Gondry applique,
schémas à l’appui, la technique hautement intéressante
dite de la feuille repliée dans le cerveau puisque c’est
ainsi qu’il peut exploiter géométriquement dans
l’espace en trois dimensions de son cortex une chanson dont
il met ainsi en lumière les boucles (couplets, refrains,
etc.). Pour plus de précisions, voir le making of de
ses clips, où l’on voit que son travail de réalisateur
passe immuablement par trois stades : du cerveau à la feuille
de papier et du papier à l’écran. C’est
pourquoi, fin de l’histoire, Michel Gondry est repérable
à deux traits caractéristiques bien que non liés
: il crayonne des schémas pour expliquer aux gens comment
il pense ses films, courts ou longs, et il parle un anglais dont
l’accent français va à l’encontre de toutes
les recommandations de l’Education Nationale en matière
d’expression orale anglophone.
Outre cet inconvénient mineur, on ne saurait que trop recommander
de jeter un coup d’œil à ce DVD-magazine dont
on espère voir très bientôt le prochain numéro.
Louise
Charbonnier
(février 2006)
Louise
Chabonnier, étudiante en master 2 Recherche
en Sciences de l'Information et de la Communication, marie sa passion
pour l'art, la photographie tout particulièrement, et son
goût pour la recherche et la découverte en menant des
travaux universitaires s'attachant à l'étude du cadre
rectangulaire, à poursuivre en thèse.

http://www.pyramyd-editions.com/
http://www.designflux.fr/
http://www.michelgondry.com/
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