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Salvatrice
insolence !
Compilation
atypique de textes, certains inédits, d'autres déjà
parus discrètement dans des revues, Ecrire est
un miracle se situe, dans l’échelle des
genres, entre exercices de style et billets d’humeur. S’y
côtoient une insolence lucide et une drôlerie décapante,
chacun de ces courts textes (plus d’une quarantaine) recelant
de multiples surprises. Dans une écriture toujours élégante,
l’auteur s’adresse à tous ceux pour qui la littérature
compte encore un peu : les écrivains auréolés
de gloire, ceux qui végètent dans l’ombre de
leurs manuscrits maintes fois rejetés, les scribouillards
de toutes espèces, réels ou potentiels, et, bien sûr,
les lecteurs. Car Paul Desalmand, tout comme Faulkner, ne cesse
de l’affirmer : écrire, c’est d’abord lire,
et c’est en lisant que l’on devient… écrivain
: « Tous les grands auteurs ont été de grands
lecteurs et, lorsqu’ils écrivent, ils ne sont pas seuls.
Les centaines d’auteurs qu’ils ont lus sont là,
regardant par-dessus leur épaule et leur soufflant des formules.
On écrit avec et contre eux.», et l'écriture
devient « l’art du chapardage ». Plus
loin, on lit aussi : « On n'écrit pas comme on
tricote », l’auteur d’insister sur le véritable
travail qui sous-tend tout projet littéraire et sur l’obstination
dont doit faire preuve celui qui rêve d'être lu. Dans
un autre « essai » intitulé «Votre
vie ne m’intéresse pas», écrire,
dit-il, c’est aussi apprendre à tricher avec la réalité,
à se démarquer du «vécu », le dépasser
et construire d’autres univers.
Derrière ces définitions multiples, mais frappées
au coin du bon sens et fondées sur une érudition livresque
remarquable, Paul Desalmand s’adresse à l’écrivain
qui sommeille en chacun et s’emploie habilement à démythifier
la notion de « génie », car écrire n’est
pas nécessairement un miracle…
On en apprend aussi de bien bonnes, des mésaventures éditoriales
de Jean-Paul Sartre aux bienfaits de la citation, du principe de
l’huître à la "meilleure" façon
de composer une explication de texte (astucieuse et farfelue), en
passant par des conseils aux auteurs (« Cinq grands principes
pour un jeune auteur ») et aux éditeurs («
Comment refuser un manuscrit »).
Certains textes concernent en effet de près le monde de l’édition,
que l’auteur fréquente assidûment depuis de nombreuses
années : des lettres amusantes ou acerbes, des anecdotes
inattendues, quelques pointes d’autodérision et des
sautes d’humeur bien ciblées contre une conception
purement commerciale de l’édition : il s'attaque aux
«épiciers de la culture », ceux qui
collaborent impunément à la médiatisation de
navets ou encore qui croient que le nombril de l’un ou les
histoires de fesses d’une autre vont nous faire palpiter !
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Paul
Desalmand ne vous parlera ni de ses maladies ni de ses frasques
et c'est tant mieux... Un plaisir inégalable se dégage
de cette lecture, l'auteur jonglant sans cesse entre un humour
léger et une drôlerie désabusée.
Ce petit livre revigorant, dont l’impertinence n’est
jamais gratuite, mérite de figurer en bonne place sur
les étagères de nos bibliothèques : l'auteur
n'y épargne personne et en réserve pour toutes
les plumes et tous les esprits !
Blandine
Longre
(novembre 2003) |

du
même auteur
Guide pratique de l'écrivain
(Leduc.s, 2004)
Le Pilon, Quidam, 2006
L'Athéisme expliqué aux croyants
(le navire en pleine ville, 2006)
http://www.geocities.com/actpol/LibrairieBerenice.html
http://users.skynet.be/www.gensheureux.com/Desalmand_Poubelle.htm
http://www.lepublieur.com/default.asp?src=/web/cataloglivre.asp&
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