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Tube
d’existence
Enfermé dans un tube vu en coupe par le
spectateur, un homme présente l’étrange microcosme
qui s’y est organisé, selon des règles strictes,
parodiant dans un même mouvement les sciences naturelles et
humaines, la métaphysique et la politique, l’éthnographie
et la morale... Dans cet étrange monologue de Samuel Beckett,
le monde se divise en une arène, des murs, des échelles,
des niches..., et la population en chercheurs, sédentaires,
vaincus... Toute une petite humanité entassée dans
ce tube faiblement éclairé, étroit et «
peu harmonieux », soumis à de curieuses lois temporelles.
Chapeau melon
et complet suranné parmi de maigres statuettes de fil de
fer désarticulé, Michel Didym évolue dans ce
décor minimal avec l’humour pince-sans-rire d’un
professeur Rolin ou d’un M. Cyclopède, et avec la finesse
scientifiquement absurde d’un Michaux. Rondement mené,
son monologue réussit à terme à faire croire,
à bien faire visualiser ce petit univers très ironiquement
significatif sur notre propension nombriliste à signifier
l’insignifiant, à définir l’arbitraire
de notre existence. Le dépeupleur constitue ainsi un creuset
aussi sombre que riche pour l’imagination : sur le plan du
sens, tout reste ouvert, énigmatique et suggestif (comme
l’existence), tandis qu’il y a bien un plaisir esthétique
à contempler, de l’extérieur, cette société
repliée sur elle-même, occupée à constater
et à discipliner tous ses mouvements, de quête comme
d’abandon.
Nicolas
Cavaillès
(janvier 2008)

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