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du
même réalisateur : La Bague
dans les Contes de Kish (Iran, 1999)
"Delbaran",
en Iran, est un lieu dit situé au milieu d'un désert
ocre et vallonné. A quelques kilomètres de là
se trouvent la frontière avec l'Afghanistan et les affrontements
sporadiques entre les Talibans et l'Alliance du Nord. On entend
parfois quelques coups de feu, quelques détonations, des
cris
Hors champ meurtrier. Le cadre est clos par des rouleaux
de barbelés derrière lesquels les hommes meurent.
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A
Delbaran, au bord d'une route, le vieux Khan tient un relais
pour les automobilistes et routiers de passage. Le vieil homme
mutique, dont le visage est lui même un paysage buriné
par le temps et le soleil, s'y livre à toutes sortes
de trafics : les hommes, l'argent, peut-être de la drogue,
l'essence, s'y échangent. Sans que l'on sache vraiment
quels sont les tenants et les aboutissants de ce commerce, ni
son réel degré de transgression. |
Il y a aussi
des Afghans fuyant la guerre que Khan semble protéger ou
simplement aider à passer la frontière. Parmi ces
réfugiés, Khan et sa femme Kahle ont recueilli le
jeune Kaïm dont les parents sont restés en Afghanistan.
L'adolescent aide ses "parents adoptifs" à toutes
sortes de tâches. Le film est rythmé par de très
beaux plans où Kaïm court à travers le désert
pour aller chercher de l'aide (un mécanicien, un médecin,
)
ou pour fuir les visites impromptues de l'inspecteur Mahadavi qui
suspecte Khan.
Au milieu de ces terres vibrantes de chaleur, sur ce sol de lumière,
les hommes et leurs machines s'efforcent de poursuivre leur chemin,
de négocier avec les difficultés du destin, de résister
à l'oppression du climat et des éléments naturels
Les vieilles guimbardes, les camions éreintés, les
motos sans âge, tombent en panne, versent dans un fossé,
s'essoufflent au milieu d'un chemin de sable
Il faut alors
se réconcilier pour réparer, pour relancer les antiques
machines, pour continuer un bout de chemin
Solidarité
muette d'hommes qui l'instant d'après, une fois le moteur
relancé, peuvent s'insulter, se battre, se séparer.
Abolfazl Jalili est un cinéaste à l'humour pince-sans-rire
et distille au sein d'un film âpre et rocailleux quelques
scènes drolatiques. Son cinéma est rugueux, taciturne,
dense et d'une beauté lumineuse.
Jean-Emmanuel
Denave
(mars 2002)

http://perso.wanadoo.fr/rencontres-cinema-manosque/2002/jalili.htm
http://www.afghana.org/delbaran.htm
http://www.humanite.presse.fr/journal/1996/1996-12/1996-12-11
http://www.3continents.com/cinema/directors/asie/iran/abolfazl_jalili.html
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