de Danièle Thompson

Film britannique, français, 2001
durée : 1h30

en salles le 30 octobre 2002

 

avec Jean Reno, Juliette Binoche, Sergi Lopez, Scali Delpeyrat, Karine Belly

Après le premier film de Danièle Thompson, La Bûche, on était en droit d'attendre mieux de son deuxième film, Décalage Horaire. Le prédicat de départ laissait présager un face à face intense : une rencontre improbable entre deux individus dans un aéroport, lieu de transit, symbolique du changement, grâce à la concentration de l'unité de lieu et de temps (une nuit), au lieu de quoi, on se retrouve devant une comédie romantique, fade et stéréotypée.

Deux destins se croisent, celui de Félix, cuisinier réputé reconverti dans les affaires, austère et dépressif, interprété par un Jean Reno assez convaincant, et celui de Rose, une esthéticienne pimpante, faisant figure d'idiote un peu paumée, rendue plus profonde grâce au talent de Juliette Binoche. Le hasard semble s'acharner à réunir ces deux-là, et aucun artifice scénique n'est laissé de côté ! Ils se ratent toujours de quelques minutes, qu'à cela ne tienne ! à grands coups de revirements de situation (pour l'anecdote Félix embarque deux fois de suite dans un avion qui ne décolle pas), d'utilisation massive de téléphone portable, ces folles fuites/retrouvailles sans queues ni-têtes se poursuivent au Hilton de l'aéroport (chambre, cuisine, piscine), en passant par le taxi, pour finir à Acapulco (?!!), où le couple est réuni pour de bon.
Le film se poursuit indéfiniment entre les chassés-croisés des deux personnages, qui se retrouvent comme par miracle, au détour d'une banquette, dans l'aéroport envahi de monde (?!!). Le film s'essouffle donc, à l 'image de Félix étreint par ses crises d'angoisse. Les acteurs s'échinent à donner de la vie à des dialogues d'une platitude sans précédent, piégés par le poncif de l'homme froid d'apparence confronté à une femme atteinte de sensiblerie névrotique, et qui vont tomber amoureux de cet autre, si différent. On est ébahi par tant de mièvrerie et on se demande tout au long du film jusqu'où le scénario va oser nous emmener…
Danièle Thompson semble hélas, être passée à côté de cette rencontre, à côté de son film.

Emilie Jullin
(octobre 2002)

de la même réalisatrice : La bûche

http://www.decalagehoraire-lefilm.com