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L'odeur du café,
de Dany Laferière, est un texte fragmenté, morcelé,
au service de la densité, de la sensation, de la poésie
dont on peut effectuer deux lectures : l'une naïve qui ne retient
que la vie touchante d'un enfant dont on ignore le nom, l'autre
critique qui repère la vie du village de Petit-Goâve.
Je préfère la première et m'enivrer des sensations
qui donnent à voir et à sentir le monde plein de fraîcheur
dans lequel évolue ce jeune enfant en vacances chez Da, sa
grand-mère.
Ces multiples paragraphes, dont chaque titre est la concrétion
essentielle, comme autant de petits poèmes en prose, découpent
le réel et l'amènent à la conscience du lecteur,
accordant de l'importance au moindre moment de la vie de l'enfant.
Cet enfant qui n'investit pas le monde de façon utilitaire,
mais le saisit au gré de ses désirs, des ses sensations,
et lui jette un regard neuf et émerveillé comme dans
le paragraphe descriptif des paupières de Vava :
Paupières
" Les paupières de Vava. Des papillons noirs. Deux larges
ailes. Un battement doux, ample. J'ai mal au coeur. Noir. Rouge.
Je choisis le jaune. "
Annie
Forest-Abou Mansour
(décembre 2001)

Le
Serpent à Plumes
http://www.serpentaplumes.com
http://felix.cyberscol.qc.ca/LQ/auteurL/laferr_d/dany.html
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