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Pour l’amour des lettres
Cet album est
issu d’un texte merveilleux, écrit par une dame de
cour japonaise dont les «notes de chevet» sont parvenues
jusqu’à nous. A partir du personnage de Sei Shônagon
et d’une anecdote qu’elle rapporte sur un importun,
Françoise Kérisel a inventé une belle histoire.
Histoire d’amour ? Peut-être, mais avec distance et
discrétion, tant les sentiments du samouraï pour la
belle sont mêlés d’admiration, de désir
d’apprendre l’art d’écrire, puis de dépouillement
et de renoncement. L’histoire s’achève au moment
où la rencontre jusque-là redoutée ou évitée
par l’une devient souhaitée par tous les deux.
Histoire d’un rapprochement ? plus certainement, tant les
univers de la femme et du samouraï sont éloignés
et illustrent la question du « goût des autres ».
Chacun traverse une épreuve et en retire ce qu’il faut
de distance par rapport à sa vie d’avant. L’attraction
du guerrier pour l’art d’écrire est montrée
de façon progressive et touchante, la fable est à
la fois improbable et belle.
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Les
illustrations dessinées à la plume, joliment
colorées et jouant sur le blanc de la page, imitent
le style des estampes sans en faire une copie et le traitent
avec une distance intéressante. Elles encadrent le
texte de façon variable et donnent à ce texte
(relativement long pour un album) un rythme bien adapté.
Des fragments du texte de Sei Shônagon ajoutent à
cet ensemble leur touche bien particulière, rêveuse
et précise.
Anne-Marie
Mercier-Faivre
(novembre 2007)
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Anne-Marie
Mercier-Faivre
est
professeure des Universités. Elle enseigne à l'IUFM
de Lyon et à l'Université Lumière-Lyon 2.
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