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Après Rue du Faubourg Saint-Denis,
Les dieux voyagent la nuit,
le dernier roman de Louis-Philippe Dalembert, tissé d’humour
(« Je me laissai emporter avec la légèreté
du cocu signant son deuxième acte de mariage »)
et de poésie (« un clair-obscur nimbait, léger,
magique, la face des choses ») emporte le lecteur dans
un univers d’aventures aux nombreux rebondissements.
Sans patrie, sans famille, « partout à l’étranger
et partout chez (lui) », le narrateur voyage de pays
en pays, de « chambre d’hôtel en chambre d’hôte
». Un soir, dans un bar de Santiago de Cuba, il rencontre
JMF, un écrivain rocambolesque à la verve prolixe.
« Son sens de l’humour, sa capacité à
tenir son interlocuteur scotché à ses lèvres
» le séduisent. Il s’embarque alors avec lui,
à la recherche du trésor caché par Pauline
Bonaparte, soeur de Napoléon, sur l’île de la
Tortue. S’ensuivent différentes aventures savoureuses.
L’île du bout des rêves
possède tous les ingrédients du roman d’aventures
: la chasse aux trésor, les personnages extravagants, les
femmes, jeunes, belles et sensuelles, les rasades de rhum... L’auteur
produit même une véritable épopée lorsqu’il
narre « la bataille des vents et des courants contraires
venus d’un même élan de l’Atlantique et
de la mer Caraïbe » : « Le vent d’Est
jaloux des prouesses de son confrère » part à
l’assaut du voilier. Les champs lexicaux de la violence, de
la bataille, les hyperboles, les phrases amples au souffle pneumatique,
(« il en sortait un étrange sifflement, celui de
l’air vrillant, tournoyant sur lui-même, s’arrachant
à des obstacles tant visibles, les voiles, qu’invisibles,
puis repartant telle une fusée.... ») contribuent
à créer un effet d’ampleur et de puissance.
Mais sous une apparente légèreté insouciante
et rieuse, des questions sérieuses sur le sens de la vie,
de l’amour, de la politique, sur la quête du moi, sont
soulevées. Et parmi les nombreux monologues intérieurs
où le narrateur se tutoie et s’interpelle («
Et mec ! »), le substrat autobiographique émerge.
Souvent Louis-Philippe Dalembert évoque « grannie »,
sa grand- mère tendrement aimée, cette absente intensément
présente dans maints ouvrages.
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Le lecteur
aime à s’embarquer dans le monde chatoyant,
cadencé et allègre de Louis-Philippe Dalembert.
Il goûte le renouvellement des clichés («(Ils)
changent d’opinion comme de casaque»),
les métaphores concrètes, pittoresques et
significatives (« la tête aussi grosse qu’une
calebasse », « l’ogre étoilé
»), les nombreux clins d’oeil poétiques
(« Mais le temps hélas n’avait pas
suspendu son vol ».), bibliques («
la période des vaches grasses », « «
les coups de tonnerre si fracassant qu’on aurait cru
les trompettes du Jugements dernier »...), musicaux
(« Comandante Che Guevara »). Il apprécie
non seulement l’écrivain subtil, compétent
et cultivé, mais aussi l’homme, qui derrière
la fiction, révèle son ouverture d’esprit.
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Annie
Forest-Abou Mansour
(octobre 2007)
Annie
Forest-Abou Mansour, professeur certifié,
docteur ès lettres, est passionnée de littérature,
de critique littéraire, de cinéma et de théâtre.

du
même auteur
Rue du Faubourg
Saint-Denis - Editions du Rocher, 2005
Les dieux voyagent la nuit
- Le Rocher, 2006
http://homepage.mac.com/chemla/fic_doc/dalemb_faub01.html
http://www.lehman.cuny.edu/ile.en.ile/paroles/dalembert.html
http://www.fl.ulaval.ca/cuentos/dalembert.htm
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