Jeunes vocalistes
réunis par la firme britannique Candid, ils diffèrent
autant par le répertoire que par le traitement vocal
: résolument « jazz » pour Jamie, délibérément
« jazzy » pour Jacqui, tous les deux parfaits dans
leur genre.
Jamie
Cullum
Voici donc le deuxième disque de ce jeune chanteur et
pianiste (le premier fut auto-produit) ; le troisième,
Twenty Something (mentionné dans la chronique
consacrée à sa compatriote Stacey
Kent en février) fut gratifié d’un injuste
et désobligeant « bof » dans les colonnes
d’une revue sur papier se prétendant « le
journal de tous les jazz » ( ! ). Celui-ci, Inutilement
Nostalgique, sera vendu à 500 000 exemplaires, chiffre
faramineux pour un disque de jazz mais par là même
suspect pour le goût de certains commentateurs. Evitons
les comparaisons un peu hâtives telles que «
ersatz de Sinatra » ou « clone de Harry
Connick Jr » quand on n’a pas grand chose à
dire ; car peut-on juger la carrière débutante
de ce jeune homme (il a aujourd’hui vingt-trois ans) au
palmarès de ces vedettes confirmées ?
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Avec
un beau grain de voix, cet excellent pianiste, compositeur
subtil et arrangeur habile, sait choisir son répertoire
(les standards indémodables de I Can’t
Get Starded au Well You Needn’t de
Thelonious Monk en passant
par le peu connu High And Dry) et ses musiciens.
Il termine son disque par une composition personnelle,
I Want to be A Popstar… souhaitons qu’il
réalise son rêve… en espérant
qu’il sache éviter compromissions et écueils
pour atteindre son but… |
Jacqui
Dankworth
Pratiquement inconnue en France, cette fille du saxophoniste,
chef d’orchestre et compositeur Johnny Dankworth (il connut
le succès dans les années 50-60) et de la vocaliste
Cleo Laine (elle chanta aux côtés de Ray Charles
dans Porgy and Bess en 1976) fut d’abord comédienne
avant de devenir chanteuse, d’abord dans le quintette
de son frère, le bassiste Alec Dankworth, puis l’interprète
de nouveaux arrangements des compositions de Gershwin avec le
grand orchestre de la BBC, et de se produire avec différentes
formations dans divers contextes.
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Dans
cet album (le suivant, intitulé Time
Takes It Time a été réalisé
en avril de cette année) Jacki a choisi un répertoire
éclectique qui la présente sous des aspects
variés mais révélateurs de ses influences
: Joni Mitchell (Man From Mars), Stevie Wonder
(Knocks Me Off My Feet), Bob Dylan (I Threw
It All way), Michel Legrand (You Must Believe
In Spring) ou Duke Ellington pour une très
sensible version de In A Sentimental Mood.
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De
sa voix claire que l’on peut situer entre Norah Jones
et Cassandra Wilson, elle représente une de ces vocalistes
faisant fi des classifications arbitraires, des genres formatés.
Souhaitons que ce créneau trouve grâce auprès
des amateurs de musique…Elle le mérite.
Jacques
Chesnel
(mai 2004)
Jacques
Chesnel
est membre de l'Académie du Jazz. Auteur de "Le
Jazz en quarantaine" (Isoète), "Les Grands
Créateurs de Jazz" avec Gérald Arnaud (Bordas)
; auteur et consultant "jazz" pour l'Encyclopédie
Encarta sur CD-Rom. Peintre, il travaille depuis plus de trente
ans sur les rapports entre jazz et peinture.
(www.jazz-chesnel.com).

http://www.jamiecullum.com
http://www.jacquidankworth.com/
http://www.candidrecords.com/
http://www.harmoniamundi.com/